La vérité est ailleurs

Le chaos du monde ne naît pas de l'âme des peuples, des races ou des religions, mais de l'insatiable appétit des puissants. Les humbles veillent!

Ukraine

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« La stratégie du choc » de Naomi Klein! (Livre) dont voici une vidéo incontournable pour comprendre les conflits et enjeux dans beaucoup de pays, dont le Vénézuela actuellement, mais pas seulement! Nous aussi y sommes confrontés! Il faut se réveiller!

Des « points chauds » de radioactivité inconnus détectés autour de Tchernobyl Publié le 12/05/2019 à 11h45 Lire la bio Floriane Boyer Rédactrice. Futura sciences.

Des points chauds de radioactivité jusqu’alors insoupçonnés, où la radioactivité dépasse largement la moyenne, ont été détectés dans la zone d’exclusion de Tchernboyl par des chercheurs de l’université de Bristol lors d’une campagne de cartographie par drone en avril, selon un communiqué. Là, par exemple une usine de décontamination des sols désaffectée, en service après l’explosion, révèle à la BBCTom Scott, qui a dirigé l’équipe de chercheurs. Ici, un L’arbre, végétal lignifié. Un arbre est un végétal supérieur terrestre, qu’il soit gymnosperme ou angiosperme, qui se rigidifie grâce à une croissance secondaire (celle qui produit du bois)…. » data-image= »https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/8/8/1/881dff8587_48849_def-arbre-stevegrosbois-flickr.jpg » style= »max-width:100%; » />

Autre article sur le sujet :

La zone de Tchernobyl cartographiée pour évaluer sa radioactivité

Alexandre BENALLA est « dorénavant  » pris en main par le Mossad ! AH BON? Etonnant? Pas vraiment ! Mais l’article révèle bien d’autres ramifications politiques et maffieuses au plus niveau, et ce depuis bien plus longtemps! Je vous le recommande vivement ! On en apprend c’est fou! Une bombe!

Depuis qu’il a quitté l’Élysée – mais l’a-t-il vraiment quitté ? – Alexandre Benalla est marqué à la culotte par le Mossad. Pourquoi diable ? Tous les services secrets du monde, mais en particulier celui d’Israël, rêvent d’avoir sous la main un homme qui a partagé l’intimité des puissants. C’est le cas de Benalla qui, pendant plus de dix-huit mois a vécu dans l’ombre du couple Macron et, à la fois, au cœur d’une machine pas banale, la présidence de la République Française, cinquième puissance mondiale et membre du Conseil de sécurité de l’ONU.

 

Quand Mitterrand est arrivé au pouvoir en 1981, même si Tonton et ses amis, depuis longtemps, avaient épuré toutes les archives concernant leur maître, le Mossad avait, lui, récupéré des kilos de papiers. Pas tous valorisants pour l’histoire secrète de celui qui arrivait au pouvoir. Vichy, bien sûr. Mais pas seulement. Et ce n’est pas pour le seul amour de la carpe farcie que Mitterrand a réservé sa première visite d’État à Israël. Ce Benalla, et ses secrets même petits, n’a donc pas de prix. Et le Mossad, prêt à guider le demandeur d’emploi, est informé de tout ce qui tourne autour de cet Alexandre.

Et c’est un agent israélien, travaillant sous couverture dans un aéroport parisien, qui a été le premier informé d’un transfert de 294 000 euros touchant le gendarme Vincent Crase, ami et complice de Benalla, un argent issue des comptes d’oligarques caucasiens. Mieux, le même observateur croit savoir aujourd’hui qu’une autre somme, cette fois de 600 000 euros, venue de la même source, est arrivée sur des comptes au Maroc. Rien ne dit que cet somme soit destinée, de près ou de loin, au chômeur de l’Élysée. Mais autour du malheureux Benalla, l’argent circule.

Enfin, les israéliens ont fait « tamponner » Benalla par un de leurs amis, agents, correspondants, l’incroyable Philippe Habadou Solomon. Le genre d’homme que le Mossad adore. Il suffit de le sonner, il est prêt à donner la main même si la prison est au bout. Cette fois Solomon, lui aussi doté d’un passeport diplomatique, a accepté, pour le compte du Mossad, de jouer les parrains de Benalla. L’Afrique étant un vieux terrain de jeu des ambitions d’Israël, hors même le commerce du diamant, la carrière de la jeune recrue devait commencer par la tournée des petits ducs. Ces corrompus et potentats qui étranglent les peuples de tout un continent. L’autre cour de récréation, bien plus petite où il doit être amené à jouer, c’est l’émirat totalitaire et esclavagiste du Qatar. Allez savoir comment, la diplomatie israélienne laisse, à Doha, ce Solomon jouer un rôle d’ambassadeur occulte… Benalla pourra toujours s’y occuper des footballeurs du Mondial de la honte, en 2022. Une chose acquise, le tricotage de certains journalistes « investigateurs » parisiens qui entendaient désigner Alexandre Djouhri comme nouveau coach ou apporteur d’affaires de Benalla sont allés dans le mur. En réalité, pour révéler un secret d’État, les deux Alexandre se sont croisés au Zuma, un restaurant japonais de Londres, la cantine d’un Djouhri gravement cardiaque et condamné aux sushis. Sachant que l’ami de Dominique de Villepin déjeune ici chaque jour, Benalla (qui vit à Londres) a un jour réservé une table au Zuma pour, enfin, rencontrer l’homme dont la presse affirme « qu’ils se connaissent ». C’est en allant se laver les mains que Djouhri est tombé sur le chômeur de l’Élysée…

Puisque nous sommes en période de fête, et que les soirées peuvent être longues – et parfois tristes –, nous vous soumettons, comme un bonus, un résumé de la carrière du nouveau « papa » de Benallla. Rassurons-nous, le disciple est à bonne école. Étonnant que, pris d’une crise de pudeur subite, Le Mondese soit limité à présenter le gourou de l’ex « épaule gauche » de Macron comme rien de plus « qu’un ancien conseiller de l’ancien président d’Afrique du Sud »… Il est pourtant plus et pire que cela.

En 1990, Philippe Habadou Solomon, quarantaine bien mise, tient commerce de joaillerie place Vendôme à Paris. Mais tout le monde n’est pas Van Cleef et la boutique fait pschitt. Peu soucieux d’assurer le service après faillite, Solomon part aux États-Unis alors que la France va le condamner pour la légèreté de sa gestion bijoutière. Il a confiance en son avocat, Thierry Herzog, le conseiller de Sarkozy. « Attention, je ne connais pas Sarkozy, on a juste passé des vacances avec lui et Herzog en 2001 », précise Solomon aux journalistes qui le questionnent alors.

Aux États-Unis, Solomon se recycle dans la gestion financière. Bavure, il abonde largement la campagne électorale de Robert Toricelli, un sénateur proche de Clinton. Plus tard le néo homme d’affaires va le reconnaitre : « Cette mise de fonds politique était illégale ». Il est arrêté alors qu’il joue au casino Taj Mahal d’Atlantic City. C’est la prison.

Quand il la quitte, il s’installe en Israël, Tel Aviv devient sa résidence officielle.

Au passage il se lance dans une opération de sauvetage de Bernard Tapie « un mec bien ». Mais voilà que Brice Hortefeux, grand expert dans la définition des hommes que l’on peut fréquenter, ou pas, conseille à « Nanard » de « s’éloigner de Philippe ». Ah bon ! Pourquoi ?

Heureusement il y a « Popaul ». L’insubmersible Barril qui, lui aussi expert en honnêtes gens, « tamponne » Solomon pour « l’aider sur la sécurité en Centrafrique alors que je n’y connais rien ! ». L’excellent Philippe débarque à Bangui en compagnie de deux hommes vertueux, Lotfi Belhadj et Christophe Giovanetti. Franco-tunisien, Belhadj a de l’entregent puisqu’il est à la fois entrepreneur et diplômé de l’Institut d’Études Islamiques de Paris (aujourd’hui il est l’organisateur de la défense de Tariq Ramadan). Giovanetti n’est pas un inconnu puisqu’il a, sous Chirac, organisé un arbre de Noël à l’Élysée et réalisé le logo de l’opération « Pièces jaunes » de Bernadette. L’affaire de sécurité ne se fait pas, mais Barril le branche sur le rachat de la compagnie aérienne Aerolyon.

En France, en 2002, il reprend donc cette société de transport aérien. Neuf mois plus tard les ailes déposent le bilan et Solomon est mis en examen pour « faux, usages de faux et escroquerie ». Un peu tard la justice découvre que pour acquérir la société, « le Roi Solomon » a produit de fausses attestations. Deux documents attestant du dépôt de 8,2 millions d’euros en garantie, des papiers bidons produits devant le Tribunal de commerce. D’un tribunal l’autre Solomon passe du commerce au correctionnel. En 2004 le TGI de Lyon condamne Philippe Hababou, alias Philippe Solomon, à trois ans de prison ferme. Le bienheureux sort en 2005, laissant 254 salariés au tapis.

Bijoutier, homme de sécurité, aviateur… Rien ne marche trop bien. Alors pourquoi pas le foot, un monde bienveillant avec les porteurs de casiers. Immanquable, Solomon devient l’ami d’Arcadi Gaydamak, un oligarque russo-israélien intime de la bande à Pasqua, héros de « l’Angolagate », qui va, comme c’est étrange, passer un peu plus tard une longue année à Fleury-Mérogis. Pour l’instant Aracadi et Philippe décident d’installer le footballeur Luis Fernandez comme entraineur à la tête du club israélien Bétar. Solomon a joué les agents recruteurs : « Je connaissais l’agent Jean-Luc Baresi, grâce à Bernard (Tapie) ». Baresi ? « Un mec bien, ferait pas de mal à une mouche ». C’est vrai que lorsqu’on a deux frères fichés au grand banditisme et que, soi-même, on a été incarcéré pour « tentative de racket et menace de mort », on est forcément un type au poil.

Finalement, le foot, ce n’est pas ça non plus. Pourquoi ne pas essayer le pétrole ?

Ça tombe à pic puisque Solomon tombe sur l’admirable docteur Huu un vietnamien qui, depuis sa terre natale, tente de mettre son nez dans différents marchés de ce brut qui sent mauvais. Mais, pour vendre « l’oil » providentielle, Huu n’est installé que sur son marché national. C’est peu. Pourquoi ne pas faire mieux et, aussi, vendre du pétrole en Afrique ? Philippe Habadou Solomon est bien d’accord : « Il n’était présent qu’au Viêt Nam, je me suis dit qu’il fallait développer tout ça ». C’est vrai que le « tout ça » est une spécialité de notre héros. Sort favorable puisque « Nanard », présente à son pote de prison, un spécialiste, « Loïk », Le Floch-Prigent, l’ancien PDG d’ELF. Avec sa belle équipe, Le Floch, Giovanetti et Belhadj, Solomon s’occupe donc du développement d’ATI, la boîte du docteur Huu. Avec Huu ça avance vite, les bonnes nouvelles s’accumulent.

Les contrats tombent. En Tunisie, au Niger, au Congo, en Centrafrique, (Solomon se présente maintenant comme le consul de Bangui en Israël) les signatures s’accumulent au bas des promesses d’achat. Et voilà, comme le barde dans Astérix, qu’apparait Balkany dans l’histoire. C’est dire si tout cela est du solide. Eh non. Il parait qu’en montant leurs trustes et holdings, Solomon et sa bande ne se sont livrés qu’à une pratique dite de la « bouilloire ». On doit même à cette « dream team » le plus beau coup réalisé en la matière. En juillet 2007 alors que les indices boursiers sont dans les chaussettes, une société américaine inconnue, ATI Petroleum, écoule 83 000 titres au prix de 18 centimes. C’est la très bonne affaire du moment. Vous n’êtes pas au courant ? Le spécialiste de l’exploration du pétrole au Viêt Nam devient un dragon et s’apprête à faire exploser le marché du pétrole. Le temps d’un aller et retour Deauville, la durée d’un week-end, et voilà que l’action a bondi et frôle les 4 euros. « Deux sites de gaz acquis en Tunisie » et hop, le cours grimpe de 1 700 %. Si ça ce n’est pas du génie, Solomon est honnête homme !

Bien sûr les vétilleux, il y en a toujours, font observer qu’au pays de Bourguiba il n’y a ni gaz ni pétrole au moindre étage. Pas grave. L’important se joue en bourse. Lieu étrange où des gens fortunés, souvent instruits et méfiants sont prêts à jeter leur argent à la mer dans l’espoir d’un peu plus. Ou beaucoup.

Et paf ! Comme souvent avec Solomon, malchanceux au Monopoly, le passage par la case prison est un impératif. L’équipe est arrêtée à Grasse au cours d’un repas de loups. Grillé, le Franco-israélo-centrafricain-tunisien est à nouveau comme une balle de golf : au trou.

Conter les aventures de Solomon, dit « Le Roi » occuperait les pages d’un annuaire parisien, on y trouve des carambouilles sur le carbone, d’autres sur la téléphonie. Chez lui l’imagination est au pouvoir. Nous allons donc sauter quelques étapes pour plonger sur l’un de ses coups les plus dingues : le piratage d’un pétrolier de 234 534 barils depuis le terminal de Cyrénaïque en Libye, en pleine guerre bien sûr. Philippe, qui n’est pas sectaire avec les opinions ou les religions, se découvre un lien d’amitié avec Ibrahim el-Jadhran qui fait métier de djihadiste privé en Libye. Ce joli barbu contrôle, plus ou moins, un terminal pétrolier de Cyrénaïque. Solomon entreprend de présenter ce révolutionnaire à son ami Jacob Zuma, président extrêmement corrompu d’Afrique du Sud. Puisque, la roue de la malchance étant tournante, Solomon n’est plus seulement « consul de Centrafrique en Israël », mais surtout « conseiller » de Zuma. Un chef d’État-bis.

La petite bande trouve plaisant que le barbu de Cyrénaïque puisse, à ce qu’il affirme, jouir du pétrole local. Ainsi, accroché au pipe d’un terminal de Libye, se trouve le Morning Glory, plein de ses 250 000 barils de « sweet crude », le caviar en matière de pétrole. Pas de problème, les djihadistes vont mettre en marche ce bateau et la bande à Solomon récupérer le trésor pour le livrer à Haïfa. Quitte à reverser une obole au « pouvoir » Libyen et autres corrompus… Le pétrolier fantôme prend donc le large pour se dirige vers Chypre. Venus de Tel Aviv en jet privé, Solomon et ses boys se posent à Larnaka.

Puis, en compagnie de deux membres du Mossad, il embarque sur un navire. Ce dernier doit les conduire à la rencontre du Morning Glory. Mauvaise rencontre ? Le bateau du « Roi Solomon » doit faire demi-tour. À Larnaka les policiers chypriotes se montrent soudain curieux, fortement aidés dans leur investigation par des agents de la CIA et des Forces Spéciales. Étrangement chanceux, pour Solomon et son équipage, la sanction judiciaire s’arrête ici. Prudent comme des Benalla tous les trois sont sagement dotés de passeports diplomatiques. Relâchés, les israéliens peuvent regagner leur jet et Tel Aviv, alors qu’en pleine mer les soldats américains lancent l’assaut contre le Morning Glory. Le hold-up du siècle a échoué.

Jacques-Marie Bourget

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Porochenko, en pleine déconfiture, est en train de devenir «totalement Saakachvili», ce pion fanatique au service de l’empire US est terriblement dangereux, prêt à sacrifier le peuple ukrainien pour conserver un pouvoir qu’il a d’ores et déjà perdu! Face à cette folie monstrueuse, la Russie déplace habilement ses pions sur l’échiquier explosif qui l’entoure ! Mais pour combien de temps encore?

Porochenko, en pleine déconfiture, est en train de devenir «totalement Saakachvili»


2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 30 novembre 2018 – Source The Saker

Petro Porochenko est dans le pétrin. Sa cote de popularité se trouve dans une fourchette à un chiffre malgré un important effort de propagande et sa dernière tentative de provoquer une crise salvatrice impliquant l’habituelle « agression russe » a non seulement échoué mais semble se retourner contre lui.

Le commandant en chef ukronazi travaille dur

Il devient maintenant tout à fait clair que la provocation ukronazie n’était pas seulement d’une stupidité et d’une irresponsabilité suffocante, mais qu’elle était également mal planifiée et exécutée. Les documents saisis par le FSB sur les navires ukrainiens montrent qu’ordre avait été donné aux capitaines ukrainiens de se faufiler « secrètement » sous le pont de Kertch. Je n’ai aucune idée de ce que pensaient les dirigeants de la junte ukronazie, peut-être qu’ils étaient saouls ou terrifiés à l’idée de dire à Porochenko que c’était une mission suicidaire (il était probablement trop ivre pour s’en soucier de toute façon), mais le fait qu’ils aient pu même imaginer que trois vieux bateaux puissent marivauder autour de la péninsule de Crimée puis passer secrètement sous le pont de Kertch est incroyable (comme le fait que les équipages n’aient pas pu détruire cette fichue preuve !). L’une des régions les plus surveillées de notre planète, juste à côté d’une zone de guerre, qui a fait l’objet d’innombrables menaces, et ils pensaient qu’ils pourraient éviter d’être détectés et interceptés. Ouaah, juste ouaah !

Quant aux équipages de ces trois petits navires, ils doivent tous leur survie aux officiers des garde-côtes du FSB qui auraient pu tout simplement faire exploser les trois bateaux en quelques secondes, mais qui ont clairement fait tout leur possible pour éviter de tuer un seul Ukrainien. Ce n’est qu’après quelques heures de manœuvres à une allure ridiculement lente (si vous parlez le russe, vous pouvez écouter tout l’échange radio entre les deux parties ici), que les Russes ont finalement tiré quelques coups de feu et ont éperonné le remorqueur ukrainien. Franchement, ces officiers garde-côtes méritent un genre de récompense humanitaire.

Aparté

Il ne faudrait en aucun cas considérer les garde-frontières (soviétiques et maintenant) russes comme une version russe du genre de garde-frontières qu’on voit à l’Ouest. En réalité, les garde-frontières russes sont une force d’élite dont le niveau de formation peut être comparé à celui des célèbres Forces aéroportées. Leur rôle ne consiste pas seulement à contrôler les visas et à traquer la contrebande, mais d’être aussi une véritable force de combat qui, en cas de guerre, serait chargée de résister à l’ennemi jusqu’à ce que les forces régulières de l’armée prennent le relais. Ils sont subordonnés au FSB (au KGB dans le passé) parce qu’ils mènent des opérations de renseignement et qu’ils constituent un élément clé dans les capacités contre-terroristes et contre-insurrectionnelles russes.

C’est pourquoi des forces d’élite telles que l’unité Spetsnaz du KGB Vympel ont si souvent recruté des gardes-frontières. Un de mes bons amis, un commandant Vympel avec le grade de colonel, m’a raconté comment, en Afghanistan, on recrutait autant de gardes-frontières que de parachutistes, parce que selon lui, « ils étaient au moins aussi durs et disciplinés » que les soldats des forces aéroportées. Les gardes-frontières russes sont également équipés avec des armes modernes et puissantes et peuvent mener des opérations de combat au niveau des sous-unités. Les officiers ukrainiens devaient le savoir et donc doivent avoir compris qu’indépendamment de la quantité d’armes qu’ils avaient à bord (beaucoup, en effet, voyez ici), ils n’avaient absolument aucune chance de l’emporter. D’ailleurs, les bateaux ukrainiens sont petits et vieux tandis que les gardes-frontières russes pouvaient compter sur le soutien de la Flotte de la mer Noire et des forces aériennes et terrestres – d’où les Ka-52 et les Su-25 qui se sont précipités pour résister aux renforts ukrainiens en provenance d’Odessa. Franchement, je ne pense pas que même un corps expéditionnaire complet de la Marine américaine puisse franchir le détroit de Kertch, alors les Ukrainiens… la géographie favorise trop le côté défensif.

Il y a un large consensus tant en Russie qu’en Ukraine sur le fait que le but prioritaire de Porochenko était de créer un prétexte pour introduire la loi martiale et annuler les élections. Une fois introduite, une telle loi martiale peut facilement être prorogée aussi longtemps qu’il le faut ; regardez ce que les Français ont fait. Il a projeté d’introduire la loi martiale sur tout le territoire de l’Ukraine sous occupation nazie puis de la prolonger autant qu’il le faudrait ; suffisamment pour annuler les élections puis pour traiter durement toutes les protestations. Ce plan a complètement échoué.

D’abord, tous les partis d’opposition ont immédiatement compris de quoi il retournait et ils ont tous protesté avec véhémence. Lorsque le texte a été soumis à la Rada, il a été massivement édulcoré et, du coup, la loi martiale ne sera introduite que pour un mois et seulement dans les régions suivantes de l’Ukraine :

Les zones sous la loi martiale sont en rouge (Notez que c’est une carte “ukie”. C’est eux qui ont mis la Crimée en bleu, pas moi !)

C’est une très, très mauvaise nouvelle pour Petro.

Premièrement, c’est dans ces régions que le régime soupçonne les habitants de sympathies pro-russes (avec raison, d’ailleurs). Mais le risque pour Petro ne vient pas du tout des gens pro-russes ; le véritable danger pour lui vient des divers mouvements nationalistes d’opposition légaux qui ont leur base de pouvoir dans les zones bleues qui ne seront pas couvertes par cette loi.

Deuxièmement, comme la loi n’a été introduite que pour un mois et comme elle inclut l’obligation de ne pas annuler les prochaines élections, il sera difficile à Petro de réprimer les capacités de propagande de ses opposants (dirigés par Ioulia Timochenko).

Troisièmement, Petro espérait probablement que les Russes se contenteraient d’utiliser quelques missiles ou de réduire en pièces l’armada ukrainienne de trois navires. Hélas, les vilains Moskals n’ont rien fait de tel, ils ont capturé les trois vaisseaux et leurs équipages. Pour un incident qui devait provoquer la panique, celui-ci a été un flop terrible. En fait, les Russes utilisent maintenant ces bateaux et leurs équipages pour leur propre propagande, pour ridiculiser Petro et affirmer (à juste titre) que le régime de Kiev a envoyé ces marins à une mort certaine dans l’indifférence la plus totale et la plus abjecte. Rien de tout cela n’augmentera la popularité de Porochenko.

Quatrièmement, il semble que Porochenko soit vraiment en train de devenir « totalement Saakachvili » et qu’il pourrait même se prendre la plus grande raclée de l’Empire, ce qui, soit dit en passant, pourrait lui causer de sérieux problèmes avec ses patrons à Washington et à Langley (qui ont lâché Saakachvili lorsqu’il s’est révélé être un misérable perdant). Franchement, l’Empire se trouverait beaucoup mieux avec Timochenko aux commandes plutôt que cet imbécile alcoolique à la Eltsine.

Donc la grande question #1 est : y a-t-il une alternative viable à Porochenko pour l’Empire ?

Derniers sondages ukro-européens selon une source ukrainienne

Pour y répondre, nous devons d’abord répondre à une autre question fondamentale : y a-t-il ou non une opposition officielle publique dans l’Ukraine sous contrôle nazi ?

La réponse est : oui et non.

D’abord non, pas dans le sens d’une opposition réelle plus ou moins décente.

Mais oui, dans le sens où la junte qui s’est emparée du pouvoir est composée de nombreuses factions différentes, incluant des oligarques/mafieux à la Kolomoski, des néonazis à la Farion, de véritables nazis à laTiagnibok et un assortiment de fous comme Liachko.  Il y a aussi Ioulia Timochenko, une ennemie très dure et donc potentiellement dangereuse, qui bénéficie de soutiens puissants aux États-Unis.

Jetez un œil sur les derniers taux de popularité et vous verrez que malgré une énorme « ressource administrative » (un euphémisme russe pour l’abus de pouvoir gouvernemental), Petro atteint à peine 9.9%, ce qui signifie que son taux réel doit se situer dans une fourchette de 3% à 5%.

Et rappelez-vous que le temps presse. Le 27 décembre, la loi martiale sera levée (à moins qu’une nouvelle ukro-provocation ne prouve au monde que la Russie a de nouveau attaqué l’Ukraine). Bon, c’est le plan officiel. En réalité, elle sera prorogée avec d’autres excuses sur la mythique « agression russe ».

Considérez également ceci : si Porochenko se fait jeter, il en ira de même pour ses voyous criminels psychopathes comme Parouby (certifié cliniquement fou), le « pasteur sanglant » et criminel de guerre Turchinov et le reste de la bande. Klimkine, puisqu’il semble faire partie du personnel de la CIA, pourrait s’en sortir un temps, mais pour les autres, le risque est réel et va de longues peines de prison à être fusillé. Ne vous attendez pas à ce que Ioulia Timochenko fasse preuve d’une quelconque clémence non plus.

Certes, alors que ces gens se haïssent tous, ils se nourrissent tous aux deux mêmes mangeoires : une russophobie frénétique et une dépendance totale à l’égard de l’Empire. Et bien qu’ils soient unis dans leur haine pour tout ce qui est russe, ils ne se haïssent qu’un tout petit peu moins les uns les autres (et certains probablement encore plus). Pensez à la manière dont les SS ont massacré les SA, comment les staliniens ont purgé le parti des trotskystes et comment les démocrates essaient de renverser Trump par tous les moyens, et vous verrez comment les factions au sein d’une même bande luttent toujours pour le pouvoir et les arment les unes contre les autres.

Enfin, il y a de nombreux signes montrant qu’au moins Trump lui-même ne se soucie pas beaucoup de l’Ukraine, même s’il y a suffisamment de russophobes hystériques parmi ses marionnettistes pour compenser le manque d’intérêt de Trump et sa supposée hostilité à l’égard de Porochenko. Du point de vue de Porochenko, soit les Américains ne s’en soucient pas assez soit ils ont tout simplement perdu le contrôle de la situation, une tradition américaine de longue date avec leurs « fils de putes », comme avec Saddam, Noriega et beaucoup, beaucoup d’autres.

D’ailleurs, diverses sources ukrainiennes rapportent aussi que Merkel et Stoltenberg ont dit à Porochenko que l’élection ne peut pas être annulée. Si l’on considère que Porochenko est presque sûr de perdre ces élections, cela indique peut-être que l’Allemagne et l’OTAN laissent tomber Petro.

Ajoutez à cela que Timochenko serait un bien meilleur agent pour l’Empire et vous comprenez pourquoi le régime panique.

Donc l’essentiel est le suivant : non, selon les normes d’un pays civilisé normal, il n’y a pas de véritable opposition en Ukraine (à part la population impuissante, démunie et terrifiée, évidemment). Mais, beaucoup plus important, selon les normes de Petro Porochenko, il y a une véritable opposition, très dangereuse en effet ; une opposition qui le démettra très certainement dans toute élection semi-crédible.

L’Ukraine occupée par les nazis entre rapidement dans un moment décisif. À moins que les élections soient volées et l’opposition écrasée, la bande actuelle au pouvoir sera chassée. Si l’Ukraine attaque le Donbass, cela aboutira à une catastrophe militaire, soit en faveur des Novorusses, soit en faveur de l’armée russe. Si l’Ukraine attaque directement la Russie, ou attaque les forces russes dans la mer Noire, l’armée ukrainienne se volatilisera en 24 ou 48 heures au maximum. Mais malgré cela, Porochenko a désespérément besoin d’une victoire de peur que son statut de raté a la « Saakachvili » soit publiquement confirmé pour tous et que l’opposition ukrainienne n’accuse son incompétence et sa corruption (ce qui est sa véritable spécialité : c’est aussi pourquoi, depuis qu’il est arrivé au pouvoir, l’Ukraine est devenue un État en faillite et sa fortune personnelle nette a beaucoup augmenté).

Soixante jours, vraiment?

Enfin, le fait que Porochenko soit un navire en train de couler signifie que loin de prendre aucun risque en leur nom, les politiciens et les chefs militaires ukrainiens doivent se demander, chaque fois qu’ils prennent une décision, qui les protégera si les choses tournent mal. En fait, je vous parie qu’il y a beaucoup de contacts discrets entre divers hauts responsables ukrainiens et Ioulia Timochenko, ce que le SBU rapporte probablement à Porochenko (ou, pire, ne rapporte pas !), ce qui crée un sentiment de panique chez lui et ses sbires. Ce sentiment de panique explique peut-être pourquoi, dans le journal officiel, le texte de la nouvelle loi a indiqué de manière erronée 60 jours et non 30.

Poutine a tout à fait raison lorsqu’il dit que « Kiev s’en sortirait même en mangeant des bébés » : l’hypocrisie collective de l’Occident est vraiment sans limite. Cela ne signifie pas, cependant, que Porochenko pourrait s’en sortir personnellement avec tout et n’importe quoi. Alors que les dirigeants de l’Empire doivent faire semblant de soutenir l’Ukraine quoi qu’il arrive, même contre le bon sens de base, ils en ont probablement assez de crier « blanc ! » chaque fois que Porochenko fait quelque chose de noir. Pourtant, jusqu’à ce que l’Empire mette quelqu’un d’autre au pouvoir, Porochenko restera « leur fils de pute à Kiev ». Et Porochenko le sait, ce qui nous amène à la question suivante.

Grande question #2 : Porochenko pourrait-il vraiment lancer une guerre à grande échelle 

« Manger des bébés », c’est bien beau, mais une guerre totale avec la Novorussie ou la Russie est une proposition très différente et beaucoup plus dangereuse. L’Empire ne se soucie peut-être pas des bébés ukrainiens, mais il se souciera certainement d’une grande guerre en Ukraine. Donc ne regardons pas seulement ce que disent les Ukronazis mais aussi ce qu’ils font :

  • Il y a la loi martiale dans toutes les régions de Novorussie occupées par les Ukronazis.
  • Toutes les villes novorusses sont maintenant encerclées par des postes de contrôle militaires.
  • Ordre a été donné à 300 hôpitaux de se préparer à un afflux massif de blessés en faisant le plein de sang, de lits et de médicaments.
  • Les réserves ukrainiennes de première ligne ont été mobilisées, tout comme les escadrons de la mort nazis (alias les « bataillons volontaires »).
  • Petro prétend maintenant que les Russes ont triplé leurs forces le long de la frontière ukrainienne : « Le nombre de chars dans les bases situées le long de notre frontière a triplé. Le nombre des unités relocalisées a augmenté de façon spectaculaire sur toute la longueur de notre frontière » : en clair, cela signifie que les Ukronazis font probablement exactement cela, soit augmenter leur nombre le long de la ligne de contact.
  • Petro a également dit que ses agences de renseignement « ont des preuves évidentes qu’une attaque contre les navires ukrainiens n’est que le début » ; en clair, cela signifie que les Ukronazis font probablement exactement cela, préparer de nouvelles attaques.
  • La frontière avec la Crimée a été fermée à tous les non-Ukrainiens.
  • Les Ukrainiens demandent maintenant à la Turquie de fermer le détroit du Bosphore (ce qui n’arrivera pas pour deux raisons : la Convention de Montreux de 1936 l’interdit et, d’ailleurs, ce serait un acte de guerre suicidaire pour la Turquie).
  • L’hystérie induite par la propagande de guerre ukrainienne a atteint de nouveaux niveaux : ils montrent maintenant comment les enfants d’un orphelinat (!) de Marioupol creusent des tranchées pour aider l’armée ukrainienne en prévision de la future « invasion russe ». Voyez vous-même ce reportage ukrainien :

L’art de l’attaque surprise est l’un des aspects les plus fascinants de la guerre (ceux qui s’intéressent à ce sujet devraient lire la superbe étude de Richard Bett, Surprise Attack : Lessons for Defense Planning). L’une de ses stratégies bien établies est faire semblant d’entrer en guerre puis de reculer au dernier moment, encore et encore : cela épuise l’adversaire et le pousse à l’autosatisfaction jusqu’au jour de la véritable attaque. Pensez-y comme à une variante de la stratégie du « crier au loup », si vous voulez : une stratégie dans laquelle c’est le loup qui crie. Les Ukrainiens font cela depuis des années (combien de fois avons-nous entendu qu’une attaque ukrainienne était « imminente » ?). Le problème est que cette fois-ci, les préparations de guerre sont plus importantes (et beaucoup plus coûteuses). Vous pouvez être certain cependant que les Russes sont aussi en état d’alerte maximum depuis des années et qu’ils ont aujourd’hui en permanence plus qu’assez de forces disponibles pour faire face à n’importe quelle attaque ukrainienne, des échanges de tirs transfrontaliers jusqu’à la guerre totale.

Nous pouvons donc tous espérer qu’une fois encore les Ukrainiens appliquent leur stratégie de « crier au loup » uniquement pour se retirer à la dernière seconde. Mais l’espoir doit toujours rester séparé des attentes et faire l’hypothèse que cette fois, ils n’attaqueront pas vraiment serait tout à fait déraisonnable.

D’abord les papes ont essayé, puis Napoléon, puis Hitler. Et maintenant ces deux génies…

Il y a ceux qui disent que Porochenko n’est pas assez bête pour commencer une guerre contre la Russie. La question que je leur poserais serait : croyez-vous vraiment que Porochenko est plus intelligent que, disons, les divers papes latins, Napoléon ou Hitler ? Il me semble, à moi, à peu près aussi stupide et paumé (sans parler de sa méchanceté et de son absolue immoralité) que Saakachvili. Rappelez-vous ce qui s’est passé le 08.08.08.

Vous vous demandez peut-être si les États-Unis seraient intéressés à une guerre majeure en Ukraine. Je dis depuis des années que le rêve mouillé des néocons est de forcer la Russie à intervenir ouvertement et que, pour atteindre ce résultat, il faut que les Ukronazis menacent sérieusement les républiques populaires de Donetsk et Lougansk. Les Novorusses seront-ils assez forts pour repousser l’attaque ukronazie sans intervention manifeste de la Russie ? Peut-être. Probablement. Mais ce n’est pas non plus une hypothèse que nous pouvons faire parce que les Novorusses n’ont pas de profondeur stratégique qui les place dans la position très vulnérable d’avoir à arrêter les attaquants sans échanger de l’espace contre du temps. En clair, cela signifie que les Novorusses doivent plus ou moins être en alerte permanente et que leurs forces doivent être déployées vers l’avant, ce qui est très difficile à soutenir dans la durée et tout simplement dangereux, surtout contre un ennemi avec des forces numériquement beaucoup plus importantes.

Fondamentalement, les néocons n’ont rien à perdre si leur plan échoue et si les Novorusses réussissent, une fois encore, à stopper les forces ukronazies sans intervention russe (ce n’est pas comme si les néocons se souciaient des vies ukrainiennes ou novorusses puisqu’ils ne se soucient même pas des vies des citoyens américains).

Il se pourrait bien que Trump ne soit pas personnellement intéressé à une telle guerre. Mais, avouons-le, Trump est la pire nouille trop cuite qui ait jamais siégé à la Maison Blanche (il fait passer Carter pour un lion rugissant !). Quelques heures après avoir déclaré que c’était « un très bon moment pour rencontrer Poutine », il a ensuite « changé d’avis » et il a annulé la rencontre. Trump n’est que du vent narcissique, mais il ne livre jamais rien et il s’est incliné devant ses maîtres néocons sur tout depuis son arrivée à la Maison Blanche. La triste vérité est que Trump est devenu tout simplement sans importance, du moins pour les Russes (et à ceux qui pourraient encore croire que Trump joue une partie d’échecs 4D, pleine de stratagèmes, je dirais que céder à toutes les exigences des néocons – et donc les rendre de plus en plus influents – n’est guère une stratégie échiquéenne, même pas une stratégie 2D).

Aparté

Les derniers allers et retours de Trump à propos de la rencontre avec Poutine sont un nouvel exemple de l’ignorance crasse dont souffrent les actuels dirigeants américains. Ils n’ont tout simplement aucune idée de ce que sont la fonction et le but de la diplomatie. Dmitri Trenine, le directeur du Centre Carnegie de Moscou, avait absolument raison lorsqu’il a tweeté aujourd’hui : « Rencontrer un président américain n’est pas une récompense pour un dirigeant russe. Annuler une rencontre n’est pas une punition. C’est une question de nécessité. Aujourd’hui, les relations entre la Russie et les États-Unis ne visent qu’à empêcher la confrontation de tourner à la collision et de dégénérer en guerre. C’est tout. » Mais les Américains sont tout simplement trop illettrés pour le comprendre. D’ailleurs, les Russes ont renoncé depuis longtemps à toute idée de pouvoir faire quoi que ce soit avec ce président paillasson des néocons. Il veut une rencontre ? Bien sûr. Il ne veut pas. Qui s’en soucie ? C’est l’état lamentable dans lequel une superpuissance nucléaire est tombée.
Je suis sûr que Poutine a été terrifié !

Idem pour son stupide vice-président, qui a essayé de faire peur à Poutine en le « fixant » avec ce qu’il espérait être un « regard d’acier » à Singapour. Poutine a continué de sourire, bien sûr.

La réalité effrayante est que les néocons sont les russophobes les plus enragés sur la planète et que les clowns de la Maison Blanche feront tout ce que l’État profond étasunien leur dira de faire. Ne comptez pas sur eux pour avoir de la décence ou même un minimum de bon sens.

En plus, comme je l’ai déjà dit à maintes reprises, Trump est un « président remplaçable » pour les néocons : si quelque chose qu’il fait débouche sur une catastrophe, ils lui feront porter tout le blâme, et mettront leur propre personne de confiance au pouvoir pour le remplacer.

Pour toutes ces raisons, la réponse à notre question est évidente : oui, Porochenko est tout à fait capable de donner l’ordre d’une attaque folle, y compris une guerre à grande échelle.

Mais « pourrait » ne signifie pas « voudra », Dieu merci ! Peut-être, comme l’été dernier, que la junte se dégonflera et reculera (la menace de Poutine que toute attaque aura des conséquences très sérieuses pour l’État ukrainien est toujours valide). En théorie, les lâches Européens (qui subiront les conséquences économiques et sociales d’un conflit majeur) pourraient aussi dire aux fous de Kiev de se calmer. Mais là, je ne retiens pas mon souffle.

Donc espérons le meilleur, mais gardons à l’esprit que le pire est une possibilité très réelle.

Conclusion : il est presque impossible d’empêcher un « suicide par flic interposé », mais peut-être que Dieu le fera !

Actuellement, la situation est extrêmement dangereuse et le restera dans l’avenir prévisible. Les philosophes disent que l’amour est la plus grande force dans l’univers et je suis tout à fait d’accord. Mais les deux forces les plus puissantes qui viennent ensuite sont le mal et la stupidité, et il y a beaucoup des deux à Kiev et à Washington DC. L’incident de « l’opération secrète » de « l’armada ukrainienne » peut paraître amusante jusqu’à ce qu’on se rappelle toutes les guerres qui ont débuté par d’autres incidents tout aussi mineurs. Cette fois-ci, la superbe retenue des garde-côtes russes a empêché Kiev d’avoir l’affrontement sanglant qu’elle espérait visiblement, mais posez la question à n’importe quel policier et il vous dira qu’il est presque impossible d’empêcher ce qui est connu comme un « suicide par police interposée ». L’Empire a grandement besoin que le flic russe tire (enfin !), tout comme la junte ukronazie (toute cette propagande, y compris celle provenant de pseudo-patriotes russes, sur la faiblesse ou l’indécision de Poutine ou qu’il est de mèche avec l’Empire est un produit PSYOP direct de cet ordre du jour impérial, que ceux qui la répètent comme des perroquets le comprennent ou pas).

Pour l’instant, il n’y a aucun moyen de prédire si la junte ukronazie attaquera pour de bon ou pas. Donc, comme je l’ai fait plusieurs fois dans le passé, je conclurai avec ce passage du Coran : « et ils (les infidèles) ont comploté [pour tuer ‘Iesa (Jésus)], et Allah aussi a planifié. Et Allah est le meilleur des planificateurs » (verset 54 du Chapitre 3 « Surah Al-‘Imran »); d’autres traductions disent « Et les mécréants ont comploté [contre Jésus] ; mais Dieu a réduit leur complot à néant : car Dieu est au-dessus de tous les comploteurs » et aussi « Et (les mécréants) ont comploté et planifié, et Allah a aussi planifié, et le meilleur des planificateurs est Allah ». À une époque où les néocons essaient de convaincre la planète que l’islam, et non eux, est le plus grand danger pour notre planète, il est bon de leur montrer que tout le monde ne boit pas leur philtre ; d’ailleurs, dans ce cas, le Coran a tout simplement raison : Dieu est le meilleur des planificateurs et les infidèles ukronazis (et leurs patrons néocons) finiront par le découvrir, probablement à leurs dépens.

The Saker

Cet article a été écrit pour Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

 

L’abomination de la désolation envahit les lieux saints. Cette initiative est ouvertement dirigée contre le plus grand corps ecclésiastique en Ukraine, « l’Église orthodoxe du Patriarcat de Moscou » et elle conduira presque certainement à des effusions de sang et à des massacres similaires à ceux qui ont eu lieu à Odessa le 2 mai 2014 : les Ukronazis utiliseront la force (police anti-émeute ou même escadrons de la mort nazis)! Ce que nous pouvons et devons faire est de suivre le célèbre appel d’Alexandre Soljenitsyne et « vivre sans mentir »!

L’abomination de la désolation envahit les lieux saints



2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 28 septembre 2018 – Source The Saker

Introduction

La dernière initiative de l’Empire anglosioniste en Ukraine est vraiment exceptionnellement laide et dangereuse : il semble que le Patriarche de Constantinople va bientôt accorder sa pleine indépendance à la prétendue « Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev ». Cette initiative est ouvertement dirigée contre le plus grand corps ecclésiastique en Ukraine, « l’Église orthodoxe du Patriarcat de Moscou » et elle conduira presque certainement à des effusions de sang et à des massacres similaires à ceux qui ont eu lieu à Odessa le 2 mai 2014 : les Ukronazis utiliseront la force (police anti-émeute ou même escadrons de la mort nazis) pour s’emparer par la force des églises, cathédrales, monastères et autres bâtiments et propriétés appartenant actuellement au Patriarcat de Moscou.

Avertissement du Saker

Le texte qui suit a été écrit spécifiquement pour aider les chrétiens à comprendre le « vocabulaire détourné » utilisé dans la discussion sur les tentatives actuelles de l’Empire de prendre le contrôle sur les orthodoxes d’Ukraine. Pour les athées et agnostiques, ce débat n’offrira que du charabia déplacé et ennuyeux sans rapport avec les sphères élevées du positivisme éclairé moderne.

De nombreux articles ont été publiés sur ce développement, mais presque tous ont été écrits à partir d’un point de vue laïc, même s’ils sont le fait d’auteurs supposément chrétiens ou orthodoxes. L’élément paradoxal ici est que beaucoup de termes théologiques sont utilisés par des auteurs qui n’ont qu’une vague idée de ce qu’ils signifient vraiment. Je n’ai aucune envie d’entrer dans ce débat et d’utiliser le cadre de référence pseudo-spirituel utilisé par ces commentateurs. Ce que je me propose de faire aujourd’hui est beaucoup plus modeste : je veux expliquer la signification originelle, chrétienne, des termes qui sont (mal) utilisés au quotidien.

Le lecteur décidera ensuite comment les appliquer ou non à la crise actuelle.

Je commencerai par les éléments de base.

Les principes fondamentaux

Le terme « chrétien » peut signifier deux choses : premièrement, il peut désigner toute personne ou tout groupe qui se dit chrétien. Lorsqu’il est utilisé dans ce sens, le mot « chrétien » inclut non seulement toutes les dénominations chrétiennes principales, mais aussi l’Église de l’unification de Sun Myung Moon, les Mormons ou même les 17% de chrétiens britanniques qui ne croient pas à la résurrection du Christ. Fondamentalement, dans ce contexte, le terme n’a aucune signification objective et aujourd’hui, c’est de cette manière que le terme est utilisé la plupart du temps.

Il existe aussi un autre usage du mot « chrétien ». Cette seconde définition est fondée sur deux déclarations très anciennes. La première par saint Athanase d’Alexandrie (IVe siècle) et la seconde par saint Vincent de Lérins (Ve siècle). La première affirme que la foi chrétienne est la foi « que le Seigneur a donné, qui a été prêchée par les Apôtres et préservée par les Pères. C’est ici que l’Église a été fondée ; et si quelqu’un s’en écarte, il n’est plus ni ne doit plus être appelé chrétien ». La seconde dit que cette foi inclut seulement« ce qui a été cru partout, toujours et par tous ». Par ces définitions, le « christianisme » est une catégorie objective et non « libre pour tous ». Les mots essentiels qui l’affirment sont « si quelqu’un s’en écarte, il n’est plus ni ne doit être appelé chrétien ». Ces définitions anciennes excluent non seulement toute forme d’innovation dogmatique, elles impliquent aussi que les mots peuvent être utilisés ou non dans sens vraiment chrétien. Il n’y a pas de position intermédiaire ici. Cette croyance, partagée par tous les Pères de l’Église et tous les membres de l’ancienne Église chrétienne d’origine, a des implications énormes, en particulier pour ce qu’on appelle l’« ecclésiologie ».

Le terme « ecclésiologie » fait référence à la théologie chrétienne concernant l’Église. En d’autres termes, les enseignements du christianisme sur ce qu’est ou n’est pas l’Église (et ce qu’est ou n’est pas dans les limites de l’Église) sont un corpus objectif de croyances, de principes fondamentaux, de dogmes.

J’expliquerai ensuite la signification d’un certain nombre de concepts lorsqu’ils sont utilisés dans ce second contexte original et comparerai leur signification originelle avec la signification fondamentalement laïque et pseudo-chrétienne qui leur est souvent attribuée aujourd’hui.

Une chose encore, par souci de clarté : j’écrirai le mot église avec une minuscule lorsque qu’il s’agit d’un bâtiment (comme dans « l’église de Saint Paul au centre de la ville ») et avec une capitale lorsqu’il s’agit d’une juridiction ou d’un corps ecclésiastique (comme dans « l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev ») ; dans ce dernier cas, l’utilisation du mot « Église », avec une capitale, cela n’implique en aucune manière une reconnaissance de sa légitimité.

Canonique, canonicité et « reconnu »

La plupart des auteurs parlent aujourd’hui d’une Église « canonique »comme étant une Église « reconnue ». C’est une définition circulaire : une Église est canonique parce qu’elle est reconnue et elle est reconnue parce qu’elle est canonique. Cela soulève la question évidente : reconnue par qui ? La réponse est aussi évidente : reconnue par les autorités civiles/séculières d’un pays ou reconnue par d’autres Églises « canoniques ».

D’un point de vue vraiment chrétien, c’est totalement absurde. Depuis quand les pouvoirs civils/séculiers ont-ils l’expertise ou, d’ailleurs, l’autorité pour reconnaître ou non l’Église « A » comme « canonique » et l’Église « B » comme « non canonique » ? Et que signifie « canonique », de toute façon ?

« Canonique » signifie simplement « conforme aux canons de l’Église ». Quant au mot « canon », c’est simplement le mot grec pour « règle, mesure ». Pour le dire simplement, quelque chose est « canonique » lorsqu’il est en conformité avec les dogmes, règles, décrets, définitions et pratiques proclamés et adoptés par l’Église chrétienne, principalement par des décisions des divers conciles ecclésiaux reconnus (je n’entrerai pas sur la question de ce qui constitue un concile reconnu, cela prendrait trop de temps). On pourrait dire que quelque chose est canonique s’il est conforme aux règles de saint Athanase d’Alexandrie et de saint Vincent de Lérins citées plus haut. Il s’agit là encore d’une catégorie objective qui ne peut être tordue est transformée en quelque chose de libre pour tous. Penchons-nous sur un de ces canons et voyons ce qu’il dit. Le 31e canon apostolique décrète :

« Si un évêque se sert des dirigeants de ce monde et par leurs moyens obtient d’être évêque d’une église, qu’il soit privé et suspendu, ainsi que tous ceux qui sont en communion avec lui. »

Cette décision des apôtres eux-mêmes a été reconnue plus tard et confirmée au cours d’un Concile œcuménique. Le 3e canon du 7e Concile œcuménique déclare :

« Toute élection d’évêque ou de prêtre ou de diacre, faite sur la proposition de Seigneurs laïcs restera sans valeur, conformément au canon qui dit : ‘Si un évêque, se servant de l’appui de laïcs influents, obtient grâce à eux une église, qu’il soit déposé et qu’on excommunie tous ceux qui sont en communion avec lui’. »

Vous voyez le problème maintenant ? Comment peut-on considérer que les autorités civiles/laïques sont compétentes pour « reconnaître » telle ou telle Église comme « canonique » lorsque les canons des Apôtres et d’un Concile œcuménique (le concile de l’Église qui fait le plus autorité) disent expressément que si un évêque a obtenu sa « légitimité » (charge, rang, diocèse ou propriétés ecclésiastiques) d’autorités civiles/laïques il doit être déposé, ce qui le rend totalement illégitime ? D’un point de vue canonique, la reconnaissance des autorités civiles est non seulement dénuée de sens, elle peut, en fonction des circonstances exactes, constituer un motif de destitution !

En réalité, pendant la plus grande partie du XXe siècle, nous avons vu les autorités civiles/laïques de divers pays soutenir une Église contre une autre pour des motifs strictement politiques. C’était particulièrement le cas dans les pays communistes. Certains évêques étaient considérés comme « amis »et d’autres comme « ennemis du peuple ». Les autorités laïques ont alors simplement utilisé la force brute (habituellement sous la forme de la police anti-émeute) pour évincer les derniers et les remplacer par les premiers. Les évêques « amis » ont ensuite pris le contrôle de toutes les églises, monastères et autres propriétés et se sont déclarés légitimes et canoniques parce qu’ils étaient reconnus et parce qu’ils contrôlaient de nombreux bâtiments historiques très visibles.

Inutile de dire que ce genre de dépendance à l’égard de la bonne volonté et du soutien des autorités civiles/laïques a placé les Églises « amies » dans une totale subordination à l’État, exactement ce que les autorités civiles/laïques voulaient principalement. Le fait que, contrairement à la plupart des cas similaires avant le XXe siècle, les autorités civiles du XXe siècle n’aient pas été seulement laïques mais ouvertement, et de manière militante, athées, a créé un phénomène qualitativement nouveau : la soumission des évêques et des Églises à la volonté de régimes laïques anti-religieux. De nos jours, bien sûr, la plupart des gouvernements des pays nominalement orthodoxes ne se déclarent pas comme des athées militants, mais la relation subordonnée des « Églises d’État » officielles aux autorités laïques est restée inchangée (même si leur discours officiel a été adapté aux nouvelles réalités).

En un mot, tout ce bavardage sur les Églises « canoniques » et « reconnues »est un bobard intéressé utilisé par les Églises qui ont obtenu leur statut officiel par des moyens totalement non canoniques. Dans la grande majorité des cas, lorsque des individus ou des organisations utilisent le terme « canonique », ils ne veulent jamais dire « en conformité avec les canons de l’Église », tout simplement parce qu’ils sont à la fois ignorants et indifférents à ce que les enseignements chrétiens disent réellement sur ces questions.

Évêques, patriarches et aspirants « papes orientaux »

Qui est le plus grand chef orthodoxe, l’évêque ou peut-être l’archevêque, ou le métropolitain ou le patriarche ? Ce doit être le « Patriarche »œcuménique, n’est-ce pas ? Puisqu’il est « œcuménique », il doit être comme un « Pape orthodoxe ». Voyez son titre officiel : « Sa Très Sainteté Divine l’Archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et Patriarche œcuménique ». Dieu est, par définition (seulement) « divin ». La Troisième Personne de la Trinité n’est (que) l’Esprit « saint ». Mais le Patriarche de Constantinople est son « plus divin et plus saint » ! Ouah – il doit sûrement être une sorte de super Pape orthodoxe !

Faux.

Il n’y a que quatre « rangs » principaux dans l’Église : fidèle, diacre, presbytre [responsable ou conseiller de communauté religieuse, qui a donné le mot « prêtre », NdT] et évêque. Tous les autres ne sont que des titres honorifiques et/ou administratifs : lecteur ; sous-diacre ; chantre ; acolyte ; archimandrite ; proto-diacre ; archidiacre ; proto-presbytre ; archiprêtre ; archimandrite ; archiprêtre mitré ; protosyngellos ; archevêque ; métropolite et patriarche. Le rang d’empereur, d’ailleurs, était associé à celui de sous-diacre et l’empereur recevait les Mystères (c’est-à-dire les « sacrements », l’Eucharistie) sur le côté de l’autel, avec les sous-diacres. Aucun de ces titres n’indique une différence qualitative ou une supériorité mystique.

L’Église, tout en étant essentiellement mystique (donc se référant au « Corps théandrique du Christ ») comporte également un aspect administratif et organisationnel qui doit exister dans l’environnement social et politique de la société dans laquelle elle opère. Par exemple, alors qu’en termes mystiques tous les évêques sont égaux, il a été évident depuis le début qu’être l’évêque de la cité impériale (que ce soit Rome ou Constantinople) était une charge beaucoup plus importante qu’être l’évêque d’un diocèse isolé et peu peuplé. De plus, alors que toutes les décisions importantes étaient prises dans des conciles (locaux ou œcuméniques), les décisions quotidiennes pouvaient être prises par des évêques spécialement investis de cette autorité (parfois assistés par quelques autres évêques). Mais, hormis pour des raisons honorifiques et administratives, tous les évêques sont fondamentalement égaux, investis du même charisme (don) et de la même autorité. L’expression latine primus inter pares, ou « premier parmi ses pairs » exprime cette réalité.

Cela s’applique aussi pleine à la « Très Divine Sainteté l’Archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et Patriarche œcuménique », qui avait une primauté honorifique simplement parce qu’il était l’évêque dirigeant de la capitale de l’Empire, exactement comme l’évêque dirigeant de Rome (le « pape » dans la terminologie latine) l’avait avant lui. Je n’entrerai pas dans l’histoire de comment le (minuscule) Patriarcat de Constantinople a utilisé son ancienne position pour proclamer un genre de juridiction universelle, cela prendrait trop de temps, mais je noterais simplement que deux événements survenus au XVe siècle ont irrévocablement rendues nulles toutes les prétentions à la primauté (même honorifique) par le Patriarche de Constantinople : la fausse Union de Florence en 1439 et la chute de Constantinople devant les Ottomans en 1453.

Aparté

L’Église orthodoxe russe, soit dit en passant, pouvait se targuer d’être la « Troisième Rome » succédant à la Première et à la Seconde Rome, puisque la première tomba aux mains des barbares en 476 et tomba en apostasie en 1054 tandis que la Seconde Rome tomba en apostasie en 1438 et aux mains des Ottomans en 1453. Je n’entrerai pas sur le fond de cet argument, mais je relèverais seulement que cela rend absolument furieux le Patriarcat de Constantinople. Le fait que l’Église orthodoxe russe soit de loin la plus grande de toutes et que Moscou et Saint-Pétersbourg aient été les capitales du dernier empire orthodoxe ne fait que créer des tensions, et même une hostilité totale, entre le Patriarcat de Constantinople et celui de Moscou. Tout ceci est très important dans le cas de la lutte politique actuelle sur l’Ukraine et sur le rôle du Patriarche de Constantinople dans cette lutte.

Malgré tous ces arguments historiques et politiques, la réalité est que l’Église chrétienne a toujours été de nature conciliaire : C’est-à-dire que les conciles (locaux ou majeurs) étaient à la fois le mode et l’unique autorité par lesquels les décisions importantes pouvaient être prises, ce n’était jamais un seul individu. L’exemple du Concile apostolique de Jérusalem (vers 50 après J.-C) a été le premier à donner cet exemple et il a toujours été suivi par les fidèles de l’ecclésiologie chrétienne originelle depuis lors.

Le « droit » pour chaque pays ou nation d’avoir sa propre Église

C’est l’une des affirmations les plus étranges et pourtant aussi les plus fréquentes de presque tous les commentateurs : qu’il existe une sorte de « droit » pour chaque nation ou pays d’avoir sa propre Église indépendante. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité !

En réalité, le christianisme (comme l’islam, d’ailleurs) rejette absolument toute catégorie fondée sur l’ethnicité, la race, la tribu ou quoi que ce soit de semblable. Voici quelques citations du Nouveau Testament qui le prouvent :

  • Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. (Gal 3:28)
  • Car, en Jésus-Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité. (Gal 5:6)
  • La circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien, mais l’observation des commandements de Dieu est tout. (1 Cor 7:19)
  • Car nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps, juifs ou gentils, esclaves ou libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. (1 Cor; 12 :13)

Mais la déclaration la plus claire et la plus définitive sur cette question est celle-ci :

Ne vous mentez pas les uns aux autres, car vous vous êtesdépouillés du vieil homme et de ses manières d’agir ; vousavez revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle pour parvenir à la vraie connaissance, conformément à l’image de celui qui l’a créé. Il n’y a plus juif ni non-juif, ni circoncis ni incirconcis, ni étranger ni sauvage, ni esclave ni homme libre,mais Christ est tout et en tous (Col 3:9-11).

Ainsi les catégories nationale/raciale/ethnique/tribale sont des mensonges (contrairement à l’interprétation raciste des Écritures par le pharisaïsme rabbinique, c’est-à-dire le « judaïsme orthodoxe » moderne !), devenir chrétien renouvelle vos connaissances (c’est-à-dire vous fait adopter de nouvelles catégories) et en Christ tous sont un (plus de national, racial, ethnique, tribal pour les vrais chrétiens).

Cet enseignement est toujours resté au cœur de la véritable anthropologie dogmatique chrétienne (c’est-à-dire les enseignements sur la nature de l’homme). En fait, ce qu’on appelle aujourd’hui le « phylétisme » ou l’« ethno-phylétisme » (le nationalisme ou le tribalisme) a été condamné comme hérésie par un concile panorthodoxe en 1872 (ce concile s’est tenu à Constantinople, quelle ironie !). Ceux qui s’intéressent au contexte historique de ce concile peuvent télécharger un fichier PDF sur ce sujet ici.

Aparté

Il est ironique – et triste – que tellement de ceux qui aujourd’hui s’engagent dans la « chasse au juif » en mettant des parenthèses stupides autour des (((noms))) et qui se qualifient eux-mêmes de chrétiens orthodoxes soient totalement incapables de réaliser deux choses : d’abord qu’ils utilisent des catégories que l’Église a dénoncées comme hérésies et ensuite qu’ils utilisent exactement les mêmes catégories que beaucoup de juifs (orthodoxes) qu’ils dénoncent. Franchement, c’est assez pathétique et cela ne fait que révéler le niveau dramatiquement bas de l’éducation spirituelle de ceux qui se prétendent « défenseurs de la foi chrétienne » et qui, en réalité, n’ont même pas les notions de base les plus vagues sur la foi qu’ils prétendent défendre.

La vérité est que les catégories modernes nationales, raciales, ethniques, tribales ne sont que des catégories païennes et que ceux qui les utilisent aujourd’hui, y compris des prêtres et des évêques, ne font que répondre aux besoins du Zeitgeist païen post-chrétien pour des raisons politiques mesquines. En outre, il est également vrai que depuis la chute du dernier Empire orthodoxe en 1917, l’Église orthodoxe traverse une immense crise causée principalement par l’infiltration des Églises orthodoxes grecques par des francs-maçons (voir ici pour quelques informations générales) et par des agents du régime bolchevique en Russie (voir ici et ici pour quelques informations générales). Les effets combinés de ces trois phénomènes (Révolution de 1917, infiltration maçonnique et bolchevique) ont provoqué une crise profonde dont la plupart des Églises orthodoxes ne sont pas encore remises et qui fait souvent d’elles des pions dans les batailles politiques (j’ai analysé ce problème en détail dans mon article« Why Orthodox Churches Are Still Used as Pawns in Political Games » – Pourquoi les Églises orthodoxes sont encore utilisées comme pions dans les jeux politiques).

Quant aux chrétiens orthodoxes de base, ils sont parfois amenés à parvenir aux mauvaises conclusions à ce propos parce qu’ils croient (à raison) que contrairement à la papauté latine, l’Église orthodoxe n’a pas un super patron unique et une seule administration. Ils croient aussi (correctement) que, contrairement à la papauté latine du passé, l’Église orthodoxe n’a pas une seule langue du culte « officielle » et qu’en fait, la pratique rituelle orthodoxe est assez diverse et inclut souvent des influences culturelles locales. Ces croyances correctes les amènent cependant à la conclusion totalement fausse que chaque nation orthodoxe a une sorte de « droit » à avoir sa propre Église orthodoxe (« autocéphale »).

Le fait qu’une grande partie du clergé « officiel » et « reconnu » (c’est-à-dire « approuvé par l’État », voir plus haut) des Églises orthodoxes soit plus qu’heureuse de les conforter dans ces croyances n’aide pas.

Quant aux dirigeants laïcs de l’État, ils sont plus qu’heureux d’avoir une Église orthodoxe qui est à la fois 1) totalement docile et 2) nationaliste.

Ce qui se perd dans toute cette folie, c’est la vérité orthodoxe, la vision du véritable christianisme originel et l’« Esprit des Pères » (ou phronema en grec) qui l’exprime le mieux. Il n’est pas étonnant non plus que les hiérarques orthodoxes les plus corrompues, comme le Patriarche de Constantinople, soient plus qu’heureux de prétendre que l’ecclésiologie orthodoxe leur accorde en quelque sorte l’autorité d’une sorte de « pape oriental ».

C’est vraiment l’« abomination de la désolation établie en lieu saint » (Matt 24:15 & Daniel 9:27) !

Les chrétiens orthodoxes qui succombent aujourd’hui à l’hérésie de l’ethno-phylétisme feraient bien de se rappeler qu’en plus de la signification « géographique », dirons-nous, des paroles du Christ (en référence à Jérusalem, bien sûr, mais aussi Rome, Constantinople, Moscou, Kiev et beaucoup d’autres villes), il y a également une autre signification spirituelle bien expliquée par saint Maxime le Confesseur :

« Les démons prennent comme base les passions ancrées dans notre âme pour faire naître en nous une pensée passionnée. Puis, en faisant la guerre à l’esprit à travers elles, ils le forcent à poursuivre et à consentir au péché. Une fois qu’il est vaincu, ils le poussent à un péché de pensée, et lorsque c’est accompli, ils l’amènent enfin comme un prisonnier à commettre l’acte. Après cela, longuement, les démons qui ont dévasté l’âme par des pensées se retirent avec elles. Il ne reste dans l’esprit que l’idole du péché et le Seigneur dit : ‘Lorsque vous voyez l’abomination de la désolation installée dans le lieu saint, que celui qui lit comprenne. L’esprit de l’homme est un lieu saint et un temple de Dieu dans lequel les démons ont dévasté l’âme par des pensées passionnées et installé l’idole du péché. Quiconque a lu Joseph ne peut douter, je pense, que ces choses se soient déjà produites dans l’histoire, bien que certains disent que ces choses arriveront aussi lorsque l’Antéchrist viendra.’ » (Seconde centurie sur l’amour, #31).

Nous avons ici sans doute l’un des plus grands théologiens et philosophes chrétiens de tous les temps, qui nous rappelle que l’« abomination de la désolation » se produira aussi dans les esprits de ceux qui, poursuivis par des démons et des passions, s’éloignent de « ce qui a été cru partout, toujours et par tous » et, au contraire, laissent leurs esprits et leurs âmes se faire polluer par le non-sens post-chrétien des nationalismes modernes. Le nationalisme, bien sûr, est non seulement une idole moderne, mais aussi une forme assez grossière de culte de soi-même, encore une autre pratique vraiment satanique !

Conclusion : de quoi s’agit-il et que pouvons-nous faire à ce propos

La première triste réalité est que rien de tout cela ne concerne le christianisme, l’orthodoxie, l’ecclésiologie ou quoi que ce soit d’autre lié de près ou de loin à toute notion de vérité.

Il s’agit de bâtiments ; d’immobilier ; de pouvoir politique ; d’argent ; d’influence ; d’endoctrinement et de toutes les autres « valeurs » essentielles de notre époque.

La deuxième triste réalité est que des gens innocents et bien intentionnés vont souffrir et même mourir des conséquences directes des actions immorales de quelques individus assoiffés de pouvoir.

La vérité, c’est qu’une guerre civile remplie de religion semble avoir déjà été déclenchée et qu’il n’y ait rien que nous, simples chrétiens de base, puissions faire, du moins pas en termes séculiers. En termes spirituels, nous pouvons faire deux choses : nous pouvons, bien sûr, prier et nous pouvons refuser de participer à un débat dans lequel chaque concept qui nous est cher est mal utilisé, distordu et perverti. Pour cela, nous devons comprendre que l’abomination qui s’instaure devant nos yeux n’a pas surgi ex nihilo et qu’il y a des racines spirituelles profondes à l’adoption presque universelle de catégories non chrétiennes par la plupart des chrétiens, mais pas tous. Le Christ lui-même nous a rappelé que « Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait » (Jean 15:19). Nous savons aussi que la sagesse de ce monde est « folie avec Dieu » (1 Cor 3:19) et qu’elle « n’est pas celle qui vient d’en haut, mais elle est terrestre, charnelle, diabolique » (Jacques 3:15). Alors comment pouvons-nous encore agir en utilisant des catégories ou des interprétations mondaines de concepts patristiques ?

Ce que nous pouvons et devons faire est de suivre le célèbre appel d’Alexandre Soljenitsyne et « vivre sans mentir » même si la majorité de nos contemporains, y compris de nombreux chrétiens (mêmes ecclésiastiques !) ont abandonné la notion même de « vérité ». Pour reprendre les mots de Soljenitsyne, « Alors, dans notre frilosité, que chacun de nous fasse un choix : soit consciemment, pour rester un serviteur du mensonge – bien sûr, ce n’est pas par inclination, mais pour nourrir sa famille qu’on élève ses enfants dans l’esprit du mensonge – soit pour s’en détacher et devenir une personne honnête digne de respect tant pour ses enfants que pour ses contemporains. » 

Après tout, si nous sommes vraiment chrétiens, nous pouvons nous rappeler la promesse du Christ : « Heureux ceux qui ont faim et soif de justice car ils seront rassasiés » (Matt 5:6) et, espérons-le, cela nous donnera le courage de « demeurer ferme et de retenir les enseignements que nous avons appris, par la parole ou par notre lettre » (2 Thess 2:15).

The Saker

Cette analyse a été écrite pour Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone