La vérité est ailleurs

Le chaos du monde ne naît pas de l'âme des peuples, des races ou des religions, mais de l'insatiable appétit des puissants. Les humbles veillent!

L’OTAN, L’ONU, FMI,etc…

Stefan ZWEIG, la vérité du passé est toujours et encore d’actualité ! A méditer. ..

Dans deux premiers articles, publiés le 16 avril et le 11 mai dernier, j’ai exposé l’intérêt de relire le message, le testament, que nous a transmis en 1941, Stephen Zweig, par son ouvrage autobiographique « Le monde d’hier ». Rédigé en 1941, aux heures les plus sombres du siècle et alors que Stephen Zweig, exilé au Brésil, […]

via Le monde d’hier … et celui d’aujourd’hui : « Face à la guerre » (article 3) — histoireetsociete

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Opportunité ou soumission pour l’Europe ? Un choix déterminant pour des millions d’européens!Espérons que cesse d’être le valet des USA pour ses propres intérêts et ceux de ce peuple fatigué des compromissions et caprices d’outre Atlantique ! Espérons..

Opportunité ou soumission pour l’Europe ?


Par Fred Deion − Mai 2017

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Plusieurs événements survenus la semaine de l’Ascension peuvent imprimer des tendances lourdes sur les prochains mois et années et méritent donc d’être relevés.

Ils ne sont que la continuité d’éléments ayant déjà fait l’objet d’articles l’an passé : refus US de s’engager sur l’assistance mutuelle entre pays membres de l’OTAN (pourtant prévue par l’article 5 du traité de Washington), sortie de l’accord de Paris sur le climat décidée par Trump, extra-territorialité des sanctions américainescontre la Russie.

Les événements de cette semaine ne sont donc pas nouveaux, mais ne sont qu’un énième épisode d’un feuilleton commencé il y a un an. Ils ajoutent les éléments supplémentaires suivants à la politique isolationniste menée par Trump :

  1. Retrait américain de l’accord nucléaire sur l’Iran, soutenu uniquement par Tel-Aviv et Riyad (ce qui confirme l’existence d’un axe USA-Israël-Arabie) ;
  2. Annonce d’un retour des sanctions US sur toutes les entreprises qui feraient affaire avec l’Iran (extra-territorialité des sanctions américaines) ;
  3. Inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Un quatrième non-événement a eu lieu aussi cette semaine, frappes croisées sur Israël depuis la Syrie, et vice-versa : gesticulations militaires qui resteront sans aucune suite. Comme déjà écrit à l’automne 2016, le conflit syrien restera plus ou moins circonscrit .

Quelles seront donc les conséquences de l’isolationnisme US, et de l’extra-territorialité de leurs sanctions économiques ?

Pour ce qui est de la Chine et de la Russie, elles continueront sans surprise à commercer avec l’Iran en se moquant des menaces de rétorsion américaines.

Pour ce qui est de l’Europe…

  • Soit elle s’aligne sur les sanctions US et reste le valet soumis à son maître.
  • Soit elle s’en affranchit et mène enfin une politique économique et commerciale souveraine, ce qui amorcera enfin un rapprochement avec la Russie et la Chine. Inutile de dire que cela fera froncer quelques sourcils Outre-Atlantique.

Espérons toutefois que c’est cette deuxième option qui sera retenue… Réponse ces prochains mois.

Fred Deion

A lire : Ruptures millénairesFred Deionest un auteur suisse. Son livre,Ruptures millénaires,jette un coup de projecteur sur quelques événements historiques qui ont marqué la vie des hommes. Ces périodes chaotiques ont eu un impact considérable sur les populations, qui ont vu leur destin basculer. Gardons à l’esprit leurs tragiques épreuves, pour mieux faire face aux défis d’aujourd’hui et de demain.

Si l’histoire se répète, le passé indique le futur. Que peut nous dire le passé sur notre XXIesiècle ?

 

Compte à rebours de la guerre contre l’Iran! La machine infernale de propagande américaine est lancée! Et c’est extrêmement grave!

Compte à rebours de la guerre contre l’Iran


Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 12 mai 2018

John Bolton est un homme sans foi ni loi :

Au début de 2002, un an avant l’invasion de l’Irak, l’administration Bush a exercé une pression intense sur [José] Bustanipour qu’il démissionne de son poste de directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. (…)

Bolton – alors sous-secrétaire d’État au contrôle des armes et aux affaires de sécurité internationale – est allé en personne au siège de l’OIAC à La Haye pour mettre en garde le chef de l’organisation. Et, selon Bustani, Bolton n’a pas mâché ses mots. Il a dit : « Cheney veut que vous partiez », en faisant référence au vice-président des États-Unis de l’époque. « Nous ne pouvons pas accepter votre style de gestion. »

Bolton a ajouté, toujours selon Bustani, : « Vous avez 24 heures pour quitter l’organisation, et si vous ne vous conformez pas à la décision de Washington, nous avons des moyens de vous le faire payer. »

Puis après un silence :

« Nous savons où vivent vos enfants. Vous avez deux fils à New York. »

José Bustani avait obtenu que les inspecteurs de l’OIAC retournent en Irak. Ils n’auraient rien trouvé. Cela aurait contredit la campagne de propagande américaine pour déclencher la guerre contre l’Irak. Comme Bustani ne voulait pas partir, les États-Unis ont menacé de réduire le budget de l’OIAC et ont « convaincu » d’autres pays membres du conseil exécutif de s’en débarrasser.

John Bolton a été également à l’origine d’une campagne contre l’AIEA et son chef Mohamed el-Baradei. Le téléphone d’el-Baradei a été mis sur écoute et des rumeurs ont été lancées contre lui pour le contraindre à quitter ses fonctions.

L’administration américaine, les néoconservateurs et les médias font un remake (je recommande ce lien) de la campagne de propagande qu’ils avaient menée en faveur de la guerre contre l’Irak. Cette fois-ci, la cible est l’Iran :

Comme pour l’Irak, il est plus facile pour Bolton et Netanyahou d’atteindre leur objectif en discréditant le système actuel d’inspections internationales. Bolton a qualifié les méthodes d’inspection mises en place par l’accord nucléaire iranien de « dangereusement inadéquates » et a déclaré que « l’Agence internationale de l’énergie atomique » était « susceptible de rater d’importantes installations [nucléaires] iraniennes ». Dans son discours au Congrès de 2015 qui attaquait l’accord avec l’Iran, Netanyahou a insisté sur le fait que « non seulement l’Iran défie les inspecteurs, mais il est passé maître dans l’art de jouer à cache-cache avec eux ».

Tous ceux qui s’opposent à leur propagande doivent partir. Bolton, qui veut bombarder l’Iran, est de retour aux commandes. L’une de ses cibles les plus évidentes est l’AIEA, qui certifie que l’Iran s’en tient à l’accord nucléaire. Il semble que les machinations de Bolton portent leurs fruits :

Le chef des inspections de l’organe de contrôle nucléaire de l’ONU a démissionné soudainement, a annoncé l’agence vendredi sans donner de raison.

Le départ de Tero Varjoranta intervient à un moment délicat, trois jours après que les États-Unis ont annoncé qu’ils abandonnaient l’accord nucléaire entre les puissances mondiales et l’Iran, ce qui soulève la question de savoir si Téhéran continuera à s’y conformer.

Varjoranta, un Finlandais, était directeur général adjoint de l’Agence internationale de l’énergie atomique et chef de son Département des garanties1 qui vérifie, depuis octobre 2013, que les pays signataires du Traité de non-prolifération nucléaire le respectent.

Une autre victime est le fonctionnaire du département d’État qui a certifié que l’Iran respectait l’accord nucléaire :

L’un des plus grands experts du département d’État en matière de prolifération nucléaire a démissionné cette semaine après que le président Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire iranien, ce qui, selon les responsables et les analystes, s’inscrit dans le cadre d’une inquiétante fuite des cerveaux de la fonction publique au cours des 18 derniers mois.

Richard Johnson, un fonctionnaire qui occupait le poste de coordonnateur adjoint par intérim au Bureau central de la mise en œuvre du programme nucléaire iranien, avait participé à des pourparlers avec des pays qui cherchaient à sauver l’accord au cours des dernières semaines, y compris la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne – un effort qui, en fin de compte, a échoué. (…)

Le Bureau que Johnson dirigeait est passé de sept employés à temps plein à zéro employé depuis l’inauguration de Trump.

L’homme qui a lancé la guerre contre l’Irak est maintenant récompensé. Netanyahou incite à la guerre contre l’Iran, tout comme il a incité à la guerre contre l’Irak.  D’obscurs groupes d’« experts » insensés sortent de leurs chapeaux des documents de politique générale en faveur d’un « changement de régime ». Les « alliés »américains sont sous pression. Leur ouverture au « compromis » augmente les chances de guerre. Pendant qu’ils insistentpour s’en tenir aux règles internationales, des acteurs malveillants préparent des mesures pour briser leur résistance. On n’en est encore qu’au début d’une « opération de formatage » de l’opinion publique. Cette préparation du public à la guerre prendra probablement un an ou deux.

Ce qui manque encore, c’est un événement qui déclenche la frénésie guerrière dans le public américain. Pour cela, les États-Unis orchestrent généralement des opérations sous faux drapeaux – l’incident du Tonkin, le naufrage du Maine, les meurtres à l’anthrax – pour créer un motif psychologique pseudo-rationnel à la guerre. Un lobbyiste pro-israélien appelle 2. Israël à en monter une pour déclencher la guerre contre l’Iran.

On se demande quand et comment un nouvel incident comme le 11 septembre, ou une autre alerte à l’anthrax, aura lieu. Ce sera le signe le plus sûr que le compte à rebours de la guerre contre l’Iran a commencé.

Traduction : Dominique Muselet

Notes

  1. safeguards en anglais 
  2. Traduction du tweet : Incroyable ! un lobbyiste pro-Israël, Patrick Clawson, suggère qu’Israël devrait monter une ‘opération sous faux drapeau’ pour forcer les USA à déclarer la guerre à l’Iran 

Palestine : le dernier chapitre ? L’ONU, L’OTAN, QUAND C’EST ISRAËL QUI EXTERMINE LES PALESTINIENS, ILS FERMENT LES YEUX ET SE RENDENT DONC COMPLICES D’UN GÉNOCIDE INNOMMABLE!

Palestine : le dernier chapitre ?


Par Jafar M. Ramini – Le 15 mai 2018 – Source Countercurrents

Non, pas du tout. Pas tant qu’il restera un seul vrai Palestinien debout pour réclamer justice et se battre pour elle.

Nous avons essuyé de nombreux revers, nous, les Palestiniens, au cours des 100 dernières années. Premièrement, les Britanniques nous ont injustement et illégalement imposé la Déclaration Balfouren 1917. Nous avons tenu bon et nous avons dit « non ». Puis les mêmes Britanniques ont tenté de nous imposer la partition avec le rapport Peel en 1937. Nous avons tenu bon et nous avons dit « non ».

Puis vint le plan de partition injuste de l’ONU de 1947 et nous avons tenu bon et nous avons dit « non ».

Puis ils ont permis la création d’Israël en 1948. Nous avons tenu bon et nous avons dit « non ». Cela n’a pas empêché le régime fasciste d’apartheid israélien de nettoyer ethniquement notre terre et d’assassiner notre peuple. Nous avons encaissé les coups, nous avons tenu bon et nous avons dit « non ».

En 1967, ils ont envahi ce qui restait de la Palestine. Bien que, depuis 51 ans, nous soyons écrasés sous une occupation brutale et sauvage assortie du vol de nos terres, de nos ressources naturelles et de notre culture, nous avons continué à dire « non ».

En 1987, le peuple palestinien sous occupation a brisé ses chaînes, s’est libéré de la peur, et s’est uni dans la première intifada. Malgré la réaction brutale de l’occupation, bien que nous n’ayons que des pierres à opposer aux mitraillettes, nous n’avons pas perdu espoir, nous le peuple palestinien, nous avons tenu bon et nous avons dit « non ».

En 1993, lorsque l’OLP a signé l’Accord d’Oslo, donnant à l’occupation israélienne la légitimité dont elle avait besoin depuis des décennies, nous, le peuple palestinien, nous avons tenu bon et nous avons dit « non ».

Au cours des années suivantes, tous les accords signés entre l’OLP (maintenant connue sous le nom d’AP) ont été honorés avec diligence par l’AP et totalement bafoués par le régime israélien. Le vol de terres et la construction de colonies illégales se sont poursuivis à un rythme effréné, alors, en l’an 2000, le peuple palestinien est sorti dans la rue, par dizaines de milliers, et a déclenché la deuxième intifada. Malgré les pertes en vies humaines, la destruction de maisons, l’emprisonnement et les déportations de nombreux dirigeants et l’assassinat de Yasser Arafat, nous avons tenu bon et nous avons dit « non ».

Les postes de contrôle en Cisjordanie dans le cadre de l’Accord d’Oslo se sont multipliés et il y en a aujourd’hui plus de 500. Les colonies n’ont cessé de s’étendre et de nouvelles colonies ont été créées par des squatters sans foi ni loi, armés jusqu’aux dents, qui, la haine au cœur, ont continué d’attaquer nos villages, de profaner nos lieux saints et de brûler nos enfants vivants. Malgré tout cela, nous, le peuple palestinien, nous avons tenu bon et nous avons dit « non ».

Israël s’est retiré tactiquement de Gaza en 2005. Comme l’a dit, à Londres, un étudiant palestinien que j’ai retrouvé dans un débat quelques années plus tard : « L’armée d’occupation israélienne nous a mis dans une cage, a verrouillé la porte et a jeté la clé au fond de la mer. Pourtant nous avons tenu bon et nous avons dit ‘non’ ».

Israël n’accepte pas le rejet ou la résistance avec équanimité. L’armée a envahi et continue d’envahir quotidiennement les villes et les villages de Cisjordanie. Ses soldats tuent, enlèvent, emprisonnent, torturent et détruisent. Mais nous continuons à dire « non ».

Puis il y a eu les agressions israéliennes non provoquées sur Gaza en 2008, 2012 et 2014, d’une violence inimaginable, avec des armements, interdits au niveau international, qui ont abouti à la destruction quasi totale de Gaza. Ils ont pollué et empoisonné les ressources en eau souterraine au point qu’un rapport des Nations Unies de 2015 indiquait que si cela ne cessait pas, Gaza serait inhabitable d’ici 2020.

Naturellement, rien n’a changé. La situation à Gaza est plus grave que jamais et la population de Gaza est menacée d’asphyxie. Mais elle ne s’est pas couchée pour mourir comme Israël, les États-Unis et leurs alliés le voulaient. Au cours des six dernières semaines, les Palestiniens sont sortis par centaines et par milliers dans la zone dite zone tampon entre Israël et Gaza, pour contester l’occupation et exiger leur droit au retour dans les villes et villages dont ils ont été expulsés, il y a 70 ans aujourd’hui.

Le mépris brutal et sans limite de l’armée d’occupation israélienne pour la vie des Palestiniens et pour le droit international a atteint un sommet hier lorsqu’elle a abattu plus de cinquante Palestiniens et blessé plus de 2700 personnes. Aucun Israélien n’a perdu la vie.

L’administration Trump et ses sbires blâment le Hamas pour ce massacre. Les « victimes sont à blâmer, disent-ils, pas les agresseurs ».

Pourtant, les Palestiniens, partout en Palestine, tiennent bon et disent haut et fort.

  • « Non, nous n’abandonnerons jamais Jérusalem. »
  • « Non, tu ne l’emporteras jamais. »
  • « C’est notre terre, c’est ici que nous sommes nés et c’est ici que nous vivrons. »

Je conclurais en citant ce qu’un de mes compatriotes de Gaza, Hammad Abu Safiya, un grand-père qui a 14 petits-enfants a dit hier :

« La situation des Palestiniens ne changera jamais sauf si un volcan ou un tremblement de terre détruisait leur État [israélien, NdT]. Alors les Palestiniens pourraient peut-être rentrer chez eux. »

Jafar M Ramini est un écrivain et analyste politique palestinien, basé à Londres, qui vit actuellement à Perth, en Australie occidentale. Il est né à Jénine en 1943 et il avait 5 ans lorsque lui et sa famille ont dû fuir la terreur des gangs de l’Irgoun et duStern. Obtenir justice pour le peuple de Palestine est l’œuvre d’une vie.

Traduction : Dominique Muselet

 

Les Argentins inquiets de voir le FMI de retour à leur chevet! Un petit air de déjà vu! en Argentine comme ailleurs, et ils ont raison d’être inquiets! Le FMI n’a pas et ne changera pas… Et si demain c’était chez nous, comme en Grèce ?

Les Argentins inquiets de voir le FMI de retour à leur chevet

© AFP / Par Nina NEGRON | Une femme manifeste face au parlement argentin, à Buenos Aires, le 9 mai 2018

BUENOS AIRES (AFP) – 

« Un déjà-vu qui rappelle des époques terribles »: c’est ainsi que Mabel Chamatropulos, retraitée, perçoit la demande d’aide financière de l’Argentine auprès du FMI, ne pouvant s’empêcher de repenser, comme nombre de ses compatriotes, à la crise de 2001.

« J’ai 66 ans et j’ai vécu beaucoup de crises financières dans ce pays », confie cette ex-employée de banque.

Comme elle, beaucoup d’Argentins ont été surpris d’entendre mardi leur président Mauricio Macri annoncer qu’il sollicitait l’aide financière du Fonds monétaire international pour contrer les turbulences sur les marchés qui ont fait chuter le peso de plus de 7% en un jour.

Dans la troisième économie d’Amérique latine, marquée par des crises cycliques combinant hyperinflation, dévaluation et gel des comptes bancaires, le FMI est presque un gros mot.

« La réaction du gouvernement de recourir à l’aide du FMI fait revivre de vieux fantômes », explique Ricardo Rouvier, psychologue social et consultant. « Et le nom du FMI, au-delà du rejet qu’il suscite chez la majorité des gens, donne aussi l’impression que la crise est plus grave ».

Natacha, femme au foyer de 46 ans, est préoccupée. « J’espère que ça ne va pas être comme en 2001 », quand l’Argentine était tombée en défaut de paiement, un épisode traumatisant pour des millions d’épargnants, qui avaient multiplié les manifestations aux sons des casseroles pour crier leur désespoir.

En 2006, le pays avait enfin remboursé sa dette auprès du FMI, pour 9,6 milliards de dollars. Revanchard, il avait ensuite suspendu pendant dix ans les contrôles périodiques de l’institution.

– « Typiquement argentin » –

Fin 2015, à l’arrivée au pouvoir du président de centre droit Mauricio Macri, favorable aux marchés, l’Argentine est revenue au change flottant, après des années de contrôle strict sous le gouvernement de Cristina Kirchner (centre gauche), qui surévaluait artificiellement le peso face au dollar.

Les Argentins ont arrêté d’acheter le billet vert sur le marché noir, alors omniprésent, pour ouvrir des comptes bancaires en devises.

« L’Argentine, même si elle n’a pas légalement deux monnaies, y a recours de façon culturelle. Nous les Argentins, nous faisons nos transactions en pesos mais en réalité, nous pensons en dollars: c’est une monnaie d’épargne, de réserve, une monnaie qui sert en prévention de situations comme celle que l’on a actuellement », souligne Ricardo Rouvier.

Dans son garage automobile à Buenos Aires, Juan Carlos Lissa, 64 ans, est d’accord avec lui.

« Ce mois-ci, j’ai eu une baisse importante de clientèle. Et ce n’est pas seulement dans mon établissement, d’autres collègues me disent que c’est pareil chez eux. C’est quelque chose de typiquement argentin, quand le dollar commence à fluctuer l’Argentin met le frein sur les dépenses ».

« Le dollar a un grand impact sur la tranquillité » des habitants, dit-il.

C’est pourquoi la chute du peso face au dollar et le recours au FMI font trembler la population. « La dette, c’est toujours nous qui finissons par la payer », soupire Juan Carlos.

« La situation actuelle provoque dans la population de la peur, de l’incertitude et le souvenir de la crise de 2001. D’où la mauvaise humeur sociale », observe Ricardo Rouvier.

Le gouvernement en est bien conscient et n’oublie pas l’échéance présidentielle cruciale de 2019.

« Ce n’est pas vrai que l’Histoire se répète toujours », a souligné le chef du gouvernement Marcos Peña, assurant que le recours au FMI n’est qu' »une action préventive pour éviter qu’arrive l’impact d’une crise forte sur les foyers argentins ».

Le ministre de l’Economie, Nicolas Dujovne, insiste sur le fait que « nous parlons avec un FMI très différent de celui que nous avons connu il y a 20 ans. Le FMI a appris les leçons du passé, comme nous l’avons tous fait ».

Les Argentins sont nombreux à accuser l’organisme international d’avoir validé les politiques économiques des années 1990, qui ont mené à la faillite du pays.

Mabel est sceptique: « Malheureusement, cela me fait penser aussi à la crise grecque. Quand ils disent que le FMI n’est pas celui d’avant, que veulent-ils dire? C’est lequel alors, celui qui a noyé la Grèce ces dernières années avec la troïka? »

Par Nina NEGRON

© 2018 AFP

La Syrie et l’Iran prouvent qu’il n’y a aucune chance pour la paix nord-coréenne! Ou quand la FED joue au marionnettiste de la géopolitique !

La Syrie et l’Iran prouvent qu’il n’y a aucune chance pour la paix nord-coréenne


Par Brandon Smith – Le 2 mai 2018 – Source alt-market.com

On dit en géopolitique que les sommets de la paix sont généralement le moment idéal pour se préparer à la guerre. Cette pensée découle de la philosophie militaire de Sun Tzu, qui croyait que quand une nation est faible, il est important pour elle de paraître forte, et quand une nation est à l’apogée de sa puissance, il est important de paraître faible ou« diplomatique »Sun Tzu louait aussi fréquemment les vertus de la distraction et du tour de passe-passe, non seulement pendant la guerre, mais aussi en politique.


Je ferais remarquer que Sun Tzu et la méthode orientale du « tour de passe-passe » ne sont pas seulement un pilier de la pensée chinoise et nord-coréenne, mais aussi une lecture obligatoire pour les agences de renseignement occidentales [Sun Tzu est enseigné à West Point, NdT]. Il est important de bien comprendre cette méthodologie en examinant le paradigme Est/Ouest, car presque tout ce que vous voyez et entendez quand il s’agit de relations avec des pays comme la Chine et la Corée du Nord est du théâtre. Leurs gouvernements ont des plans cachés, nos gouvernements ont des plans cachés et les globalistes qui manipulent les deux côtés ont des plans qui l’emportent sur tout le reste.

Gardez tout cela à l’esprit quand vous entendez parler des annonces soudaines et presque inexplicables de sommets de la paix avec la Corée du Nord en mai ou juin entre Pyongyang et l’administration Trump.

En regardant le scénario uniquement du point de vue de la motivation politique, il est difficile de discerner pourquoi Trump est si obsédé par la Corée du Nord depuis son entrée en fonction. La Corée du Nord a toujours eu la capacité nucléaire ainsi que la capacité de déployer ces armes nucléaires sous une forme ou une autre contre les États-Unis. La Corée du Nord a toujours été impliquée dans de nouveaux essais nucléaires et des essais de missiles. L’idée qu’un tel test aujourd’hui est en quelque sorte une « violation » des normes internationales arbitraires et de l’étiquette est absurde. Presque tous les pays du monde sont engagés dans l’expansion et le développement militaires.

Alors à nouveau, si l’on se limite à la rhétorique de surface et à la politique, il est difficile de discerner pourquoi la Maison Blanche de Trump est aussi également obsédée par la Syrie et le « régime » d’Assad. L’une des principales forces motrices de la campagne électorale de Donald Trump était l’idée que ce candidat se détacherait des élites de l’establishment et leur tradition de guerre perpétuelle. Les critiques de Trump à l’égard des anciens présidents et de leur gestion de l’Irak et du Moyen-Orient étaient censées représenter un changement radical dans les politiques d’agression américaine. Au lieu de cela, son cabinet est maintenant associé aux fléaux des faucons néo-conservateurs (faussement étiquetés comme conservateurs) et aux partisans de la globalisation bancaire.

Les États-Unis étaient censés – il y a à peine quelques mois – retirer complètement leur présence militaire de la Syrie. Pourtant, une « attaque chimique » bien programmée sur une banlieue de Damas, attribuée à Assad, a donné à Trump une justification parfaite pour maintenir des troupes dans la région et intensifier l’utilisation de la force avec un bombardement à base de missiles. La revendication originale sous le président Obama était que nous étions en Syrie en raison de la menace croissante de État Islamique (un mouvement terroriste soutenu par des services secrets occidentaux via des couvertures). Maintenant, le nouvel ennemi, la cible des globalistes depuis toujours, c’est le gouvernement syrien lui-même.

Quand je vois des nouvelles de la Corée du Nord embrassant brusquement des pourparlers de paix juste après des réunions avec la Chine et peu de temps après des menaces sauvages lancées autour d’un conflit nucléaire imminent, je m’interroge sur la vraie nature derrière ce changement anormal de rhétorique. Quand je vois Trump parler soudainement de Kim Jong-un comme étant « très honorable » après des mois d’attaques à caractère commercial sur les réseaux sociaux, je me demande quand la prochain attaque sous faux drapeau similaire à la farce de Damas aura lieu !

Il y a déjà des signes clairs que tout n’est pas comme il semble quand il s’agit d’un éventuel accord de paix nord-coréen.

L’offre de la Corée du Nord de mettre un terme aux essais nucléaires en échange d’une trêve avec les États-Unis est un peu creuse quand on se rend compte que le site principal d’essais nucléaires de Pyongyang se serait récemment effondré à cause de sa surexploitation. Tout arrêt des essais par la Corée du Nord est probablement temporaire car des sites secondaires sont préparés.

Il n’est pas non plus surprenant que la Corée du Nord soit disposée à entamer des pourparlers diplomatiques quelques mois seulement après la réussite de tests sur ses premiers ICBM capables d’atteindre la côte Est des États-Unis. Encore une fois, comme l’a enseigné Sun Tzu, lorsque vous êtes le plus dangereux, il est important de paraître faible à vos ennemis.

Le nouveau conseiller en sécurité nationale de Trump et fauteur de guerre néo-conservateur, John Bolton, a exprimé, dans des interviews, des « doutes » que la Corée du Nord va « abandonner » ses armements nucléaires. Bolton et d’autres globalistes savent très bien que la Corée du Nord n’a aucune intention de désarmer, et si cela doit être une condition préalable à tout accord de paix, alors je m’attends à ce que les pourparlers se bloquent avant même qu’ils ne commencent.

Lors des premiers entretiens pour fabriquer la « paix » en Syrie sous l’administration Obama, l’argument de l’establishment était qu’Assad devait démissionner de son poste de président de la Syrie pour que la diplomatie progresse. Bien sûr, comme indiqué plus haut, les agences clandestines occidentales ont créé EI à partir de rien, tout comme elles ont créé la guerre civile syrienne à partir de rien. Elles ont causé un génocide civil extrême à travers leur mandataire, EI, pour ensuite blâmer le « régime » d’Assad pour l’instabilité dans la région et enfin, quand leur révolution de couleur n’a pas pu renverser Assad, ils lui ont demandé d’abandonner le pouvoir comme un geste de bonne volonté dans le processus de paix. Voyez comment cela fonctionne.

De toute évidence, les globalistes savaient qu’Assad n’allait jamais démissionner. Pourquoi l’aurait-il fait alors qu’il savait que c’était le but derrière la création de EI depuis le début ? Ainsi, la Syrie reste un point de chaos utile dans l’arsenal des globalistes, car une guerre plus vaste est une possibilité toujours présente. C’est un perpétuel baril de poudre qui pourra être déclenché chaque fois que les globalistes en auront besoin.

L’Iran est aussi un excellent exemple de la nature frauduleuse des accords de paix institutionnels. L’accord initial conclu en 2015, appelé Plan d’action global commun (JCPOA), énumère une réduction drastique des stocks d’uranium et des installations d’enrichissement de l’Iran. Selon les rapports initiaux, l’Iran semble avoir accédé à cette demande et s’est conformé aux demandes d’inspection de l’AIEA. Cependant, les accords de paix globalistes ne sont jamais fixés, ils peuvent être changés à tout moment pour faciliter la rupture de l’accord.

Les États-Unis ont récemment demandé à l’AIEA d’inspecter non seulement les installations nucléaires de l’Iran, mais aussi ses sites militaires, qui n’étaient pas du ressort de l’AIEA. L’Iran, bien sûr, n’est pas très heureux à l’idée de soumettre ses bases militaires à des inspections étrangères. Des responsables américains ont également affirmé que l’Iran ne suivait pas « l’esprit de l’accord » ; pas à cause d’un développement nucléaire supposé, mais à cause du soutien de l’Iran au « régime » d’Assad en Syrie.

En plus de cela, les États-Unis cherchent à changer le JCPOA original tout en refusant de qualifier les changements de « renégociation ». Les responsables ont appelé à un « accord supplémentaire », qui est en fait une renégociation de l’accord initial. Ceci est clairement destiné à provoquer un effondrement du JCPOA, car il est peu probable que l’Iran accepte une renégociation.

Enfin, Israël prétend maintenant que l’Iran a brisé le JCPOA en développant secrètement une technologie nucléaire. Une fois de plus, comme avec les armes de destruction massive en Irak et les attaques d’armes chimiques en Syrie, aucune preuve tangible n’a été produite pour étayer cette affirmation. Mais, cela n’a pas d’importance du tout qu’Israël a déjà lancé des frappes contre des cibles iraniennes en Syrie (la Syrie et l’Iran ont un pacte de défense mutuelle), et les israéliens pourraient très bien attaquer l’Iran directement l’année prochaine.

Les globalistes ne se soucient pas de la paix, ils se soucient seulement de chronométrer leurs guerres correctement. La même réalité s’applique à la Corée du Nord. Voici comment cette situation va probablement se jouer…

L’administration Trump entamera des pourparlers de paix avec des demandes farfelues concernant un désarmement nucléaire complet. La Corée du Nord a jusqu’ici offert un gel des tests, mais encore une fois, c’est probablement dû à l’effondrement de leur principal site d’essais. Un gel des essais, ce n’est pas la même chose qu’un désarmement total.

La Corée du Nord refusera bien sûr le désarmement. L’establishment va pousser plus fort, amenant la Corée du Nord à se retirer des pourparlers, à reporter les négociations à plusieurs reprises ou à abandonner complètement les pourparlers. Ensuite, l’establishment dira que la Corée du Nord n’est pas sérieuse au sujet de la paix, par conséquent, une action par la force peut être justifiée. Ils diront qu’ils ont donné une chance à la Corée du Nord de faire les choses facilement, mais maintenant, la méthode dure est nécessaire.

Les essais de missiles en Corée du Nord se poursuivront et de nouvelles installations de missiles nucléaires seront ouvertes. Trump appellera à la destruction de ces sites par des missiles.

Les gens qui croient réellement que les globalistes vont abandonner l’une de leurs meilleures boîtes de Pandore géopolitiques en Corée du Nord n’ont toujours pas tiré les leçons de la débâcle syrienne ou de l’Iran. Ces régions représentent une mine d’or de chaos international potentiel qui peut être utilisée comme couverture pour toutes sortes de méfaits ainsi que pour cacher notre déclin économique régulier.

Comme je l’ai noté dans des articles précédents, il est plutôt pratique pour les élites bancaires de la Réserve fédérale que chaque fois qu’ils annoncent de nouvelles réductions de leur bilan ainsi que la poursuite des hausses de taux d’intérêt, une nouvelle crise géopolitique éclate simultanément. Est-ce une simple coïncidence, ou devrions-nous considérer cela comme une tendance discernable ?

Si c’est une tendance, alors je m’attendrais à d’autres événements de crise impliquant la Syrie. L’Iran et la Corée du Nord en mai et en juin, alors que la Fed devrait augmenter la taille de ses réductions de bilan, mettant ainsi fin à sa politique de longue date de soutenir artificiellement les marchés. Davantage de frappes en Syrie et des relations déstabilisatrices avec l’Iran sont probables. Il faut s’attendre à un arrêt des pourparlers avec la Corée du Nord, suivi de plus de baisses des marchés actions et d’autres actifs.

Brandon Smith

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

Le monde peut prendre fin pour la plus stupide des raisons!

Le monde peut prendre fin pour la plus stupide des raisons

Orlov
Par Dmitry Orlov – Le 4 mai 2018 – Source Club Orlov

Nous, les humains, aimons croire que les choses arrivent pour une raison et nous détestons penser que quelque chose de très important, comme la fin du monde, pourrait arriver sans aucune raison. Et ce que nous devrions le plus détester, c’est l’idée que le monde pourrait prendre fin pour une raison vraiment stupide, tellement stupide qu’on a envie d’en pleurer. Et pourtant c’est exactement ce qui pourrait se passer. C’est une longue histoire, alors commençons.


Il était une fois une tribu nomade appelée les Hébreux qui était très avancée pour son temps. Ils ont mis au point une première version de l’alphabet, la plupart du temps à partir de l’alphabet phénicien, et ils l’ont utilisé pour écrire toutes sortes de choses qu’ils avaient entendues, racontées par d’autres tribus ou venant de leur propre histoire. Les mythes, les chroniques, la poésie, les déclamations hallucinatoires, des bouts de législation et des diatribes politiques ont tous été rassemblés en un seul recueil trompeusement appelé “Le Livre”. En tant qu’œuvre littéraire, elle est assez inégale et généralement assez ennuyeuse, bien que certaines parties en valent vraiment la peine.

Étant plutôt dominés par leur hubris, les Hébreux se sont proclamés “peuple élu de Dieu” et ont organisé un culte centré sur ce “Livre” comme texte sacré. À plusieurs reprises, ils ont réussi à organiser un morceau d’empire local, centré sur Jérusalem en Palestine, qu’ils ont appelé Israël, mais son indépendance politique s’est définitivement terminée vers 930 av. J.-C. Puis, au milieu du premier siècle, les Hébreux ont été forcés de se disperser et de revenir au nomadisme. Les Romains avaient détruit leur temple à Jérusalem qui était le point focal de leur culte suprématiste, et bien que des parties de celui-ci aient persisté, leur nation, elle, n’a pas survécu.

À peu près à la même époque, un nouveau culte prenait forme au sein de l’Empire romain, centré sur le concept d’un dieu martyr appelé Jésus. Jésus affichait une étrange ressemblance avec diverses divinités antérieures, y compris, mais non exhaustif, au dieu égyptien Horus ; il n’était pas conçu de la manière habituelle ; il avait douze disciples ; il était mort et ressuscité, etc. De tels détails avaient circulé dans divers autres cultes pendant des milliers d’années, et ce nouveau culte, qui était essentiellement un mouvement politique et anarchiste, est devenu populaire parmi les esclaves et les affranchis de l’Empire romain, beaucoup d’entre eux l’ayant choisi. Mais pour lui donner une gravité supplémentaire, il lui fallait un livre sacré. Heureusement, les Hébreux ayant été expulsés de Palestine, leurs livres sacrés ont été mis en vente. Les chrétiens les ont donc saisis et revendiqués comme étant les leurs.

Puis ils ont commencé à y faire des ajouts. Les premiers ajouts ont été les Actes des Apôtres, et plutôt des tentatives timides de littérature sacrée, mais ensuite ils sont devenus sérieux et ont embauché d’excellents écrivains fantômes pour écrire les quatre Évangiles, qui ont été, plutôt sournoisement, insérés dans le texte devant les Actes des Apôtres. Le schéma géométrique de ce Nouveau Testament évoque les cultes des dieux solaires précédents : douze apôtres / points du zodiaque ; quatre évangélistes / directions cardinales ; et, juste au centre, le seul dieu soleil / fils de dieu (en anglais, la différence ne tient qu’à une seule lettre sun / son).

Et pour couronner le tout, ils ont fourré dans le livre de l’Apocalypse, une diatribe à moitié hallucinatoire, l’autre politique (ses euphémismes et périphrases sont maintenant indéchiffrables), clairement écrite par quelqu’un de complètement dérangé. Des criquets avec les têtes de lions qui sautent hors des fissures de la Terre ? Euh … Mais ce petit texte fou s’est avéré important parce que, entre autres choses, il a parlé de la seconde venue du Christ et de l’Apocalypse. Pour cette raison, il a occupé une place centrale dans l’eschatologie chrétienne, la théorie expliquant comment tout allait finir.

Quelques siècles plus tard, sous l’empereur romain Constantin, le christianisme est devenu une religion d’État. Alors le siège de l’Empire se déplaça vers l’Est jusqu’à Constantinople (aujourd’hui Istanbul) tandis que l’Ouest se frayait un chemin à travers les âges sombres sous la direction d’une succession de papes cloîtrés dans ce qui restait de Rome. Et tandis que dans une Constantinople urbaine et éclairée, qui devait se développer allègrement pendant encore 1123 ans, les textes sacrés étaient traduits dans tous les langues vernaculaires de l’Empire d’Orient. En Occident, traversant des âges sombres, ces textes sont restés en latin, langue que le peuple ne comprenait plus, et que seuls les prêtres pouvaient lire. Les prêtres la chantaient sous forme d’incantation comme autant de saint charabia et devaient composer avec le temps qui passait, apportant des trésors peu orthodoxes comme l’inquisition, la mise au bûcher des hérétiques et la vente d’indulgences pour le pardon des péchés.

Finalement, le peuple s’est rebellé et le résultat fût la Réforme, par laquelle les gens ont exigé de savoir ce qui était dans le Livre, afin qu’ils puissent décider par eux-mêmes. A cette époque, les concepts de caractères mobiles et l’imprimerie se frayaient un chemin depuis la Chine, via les Mongols jusqu’à l’Allemagne, où, dans les années 1450, Gutenberg imprima la première Bible allemande. La technologie de l’impression s’est rapidement répandue dans toute l’Europe, les traductions de la Bible ont commencé à apparaître dans d’autres langues locales, y compris l’anglais, et les gens ont commencé à essayer de donner un sens à ces textes.

Mais alors une chose vraiment terrible s’est produite : ils ont découvert le Livre de l’Apocalypse et ont commencé à penser sérieusement à la fin des temps comme décrite dans l’Apocalypse. Cela, en soi, n’était pas nécessairement mauvais ; après tout, les premiers chrétiens, assis dans les catacombes romaines, ont aussi beaucoup réfléchi à la fin du monde et ont imaginé que la seconde venue du Christ pourrait être pour très bientôt, mais siècle après siècle, tous très ennuyeux, le Christ ne s’étant pas manifesté, l’effet s’est dissipé.

Mais cette fois c’était différent. Les protestants ont pris la Bible comme la parole littérale de Dieu, jusque dans les moindres détails, et pas du tout comme un recueil hétérogène de mythes, de poèmes et de gribouillages bureaucratiques qui ne peuvent être interprétés que métaphoriquement avec une bonne compréhension du contexte social et culturel de l’époque de ces écrits. Puis ils ont commencé à en sortir ce qu’ils pensaient être la recette exacte pour déclencher la seconde venue de Christ.

Le résultat a été une doctrine appelée dispensationalisme, qui sépare l’histoire humaine en «dispensations» (ou époques) distinctes basées principalement sur le Livre de la Genèse et le Livre de l’Apocalypse, avec divers autres morceaux extraits en fonction des besoins. Selon cette doctrine, afin de déclencher la seconde venue du Christ, les Hébreux doivent reconstituer le Royaume d’Israël et une grande guerre doit avoir lieu dans la partie Nord de celui-ci, au Liban et en Syrie. Une fois que ces conditions préalables seront remplies, il se passera quelque chose appelé Ravissement, dans lequel les bons, les vrais croyants seront arrachés vers le ciel, tandis que tous les autres seront laissés pour compte.

Il y aura alors exactement sept années de Tribulation (pas six, pas huit) qui mettront à rude épreuve ceux restés là. Mais s’ils parviennent à passer à travers sans avoir la marque de la bête (Satan) sur leurs fronts ou leurs mains, alors à la fin de cette période, ils seront également emmenés au ciel. Le Christ apparaîtra dans les airs. Il y aura ensuite un millénaire (mille ans exactement) de paix, au cours duquel le Christ dirigera directement la terre depuis sa capitale, Jérusalem. À la fin de ce millénaire, Satan apparaîtra brièvement et se battra, mais il sera vaincu. Il y aura ensuite une résurrection générale des morts, et Christ sera assis pour le Jugement dernier.

Avec cette recette en main, les sectes protestantes qui ont embrassé ce dogme dispensationniste se sont mises à accomplir la prophétie. Pour ce faire, ils devaient rassembler des Hébreux, reconstituer le Royaume d’Israël et déclencher une guerre gigantesque. C’était un grand défi, car auparavant les juifs européens (considérés comme les descendants des anciens Hébreux) étaient considérés comme des païens et expulsés, un pays après l’autre, y compris d’Angleterre. Mais maintenant qu’ils se sont avérés être un ingrédient clé dans la recette apocalyptique (cela s’est passé en Angleterre sous Cromwell), ils ont été autorisés à revenir et ont été traités gentiment.

Il y a de sérieux problèmes avec la logique de ce dogme dispensationaliste. Premièrement, assimiler les juifs européens modernes aux anciens Hébreux bibliques équivaut un peu à dire que le souverain du Royaume-Uni est un navire de croisière à la retraite, amarré à Dubaï et utilisé comme hôtel, tous deux étant appelés “Queen Elizabeth II”. Deuxièmement, assimiler le Royaume d’Israël théorique à partir duquel Jésus-Christ gouvernera la Terre pendant mille ans avec l’état moderne d’Israël n’est guère politiquement astucieux : la Knesset pourrait ne pas approuver cet arrangement. Troisièmement, la Bible a manifestement tort en tant que chronologie stricte. Si, comme indiqué dans le Livre de la Genèse, Dieu façonna Eve à partir de la côte d’Adam, alors cette côte devait contenir divers éléments, tels que le carbone (Adam et Eve étant des formes de vie à base de carbone). Mais le carbone n’est créé que lorsqu’une étoile devient nova, et les étoiles mettent des millions d’années à le faire. Alors, comment ce coin de l’univers s’est-il créé en seulement sept jours?

L’absurdité apocalyptique est passée de l’Angleterre à l’Amérique du Nord avec les puritains. Là, il a pris racine parmi les chrétiens fondamentalistes et évangéliques aux États-Unis et au Canada. En cours de route, plusieurs prédictions ont été faites quant au moment exact de ce ravissement. Les Milleristes ont eu tort de prédire qu’il aurait lieu en avril 1843 ; plus tard, la peur de l’an 2000 a fait croire que le ravissement était prévu pour le 1erjanvier 2000. Beaucoup d’événements, du déclenchement des guerres au naufrage du Titanic, ont été interprétés comme signifiant que la fin des temps était proche. Grâce aux efforts de divers dispensationalistes hautement organisés, le dogme dispensationaliste s’est intégré dans la culture populaire américaine.

Pourquoi est-ce important ? Considérez ce fait : les deux seuls groupes dont plus de la moitié des membres soutiennent systématiquement l’État d’Israël sont les Juifs et les protestants évangéliques, alors que seulement 35% des Américains expriment leur soutien à Israël et 37% à la Palestine. Étant donné la marge d’erreur, c’est léger (source : Gallup). Il est facile d’imaginer pourquoi les Juifs soutiennent Israël (après tout, c’est l’État juif) ; mais pourquoi les protestants évangéliques ? Voici la réponse : lorsqu’on leur a posé la question «Israël accomplit-il la prophétie biblique de la seconde venue ?», seules les majorités des Blancs évangéliques et des noirs ont répondu «oui» (63% de blancs et 51% de noirs) et alors que 76% des non-croyants ont dit “non” (Source: Pew Forum). Un sondage Harris a déterminé que sur les quelques 89 millions de personnes aux États-Unis qui soutiennent Israël, environ 32 millions le font en raison de croyances dispensationalistes, eschatologiques. Lorsqu’on leur a demandé quels événements dans le monde étaient des signes de la fin des temps, le conflit arabo-israélien était très présent (source : Tarrance Group).

Ces données nous amènent à conclure qu’aux États-Unis, le dispensationalisme n’est en aucun cas un phénomène marginal, et que le littéralisme biblique est un facteur majeur du soutien politique dont bénéficie Israël. Bien qu’il soit plus concentré dans le Sud, il ne s’y limite nullement. Il ne se limite pas non plus à un seul parti : dans tout le pays, 40% des Républicains, 38% des Démocrates et 33% des Indépendants ont affirmé qu’Israël était le facilitateur de la Seconde Venue. Pour le Sud, les chiffres sont 53% des Républicains, 50% des Démocrates et 44% des Indépendants.

Du point de vue de l’establishment de Washington, la prédominance du dispensationalisme n’est qu’une commodité. Après tout, le Congrès américain a été coopté par le lobby israélien, et le dispensationalisme fournit une couverture politique pour leurs actions au service d’une puissance étrangère, créant l’apparence qu’ils suivent les souhaits des Américains plutôt que de répondre aux exigences des Israéliens. Ainsi, d’un point de vue politique, les protestants évangéliques ne sont guère plus que des idiots utiles servant un agenda israélien.

Il est plutôt dangereux de faire coopter son establishment politique par une puissance étrangère mineure située dans une région instable et fortement militarisée, pleine de conflits et de troubles chroniques. Ce danger est exacerbé par le fait que l’armée américaine a également été noyautée par la pensée dispensationaliste. En commençant par la guerre du Vietnam, contre laquelle de nombreuses confessions religieuses ont protesté, les évangéliques ont commencé à traiter l’armée comme un champ fertile pour leur travail missionnaire. À l’heure actuelle, plus des deux tiers des aumôniers militaires sont affiliés à des confessions évangéliques ou pentecôtistes. La perspective qu’ils mettent en avant devant les militaires et les officiers de tous les rangs est que leur devoir est de servir «le but de Dieu» plutôt que de simplement faire leur travail. Et qu’est-ce que “le but de Dieu” ? Bien sûr, c’est d’accomplir la prophétie biblique de la fin des temps !

Ce qui rend cette situation, déjà dangereuse, encore plus dangereuse, c’est que la fenêtre d’opportunité pour déclencher la sorte de guerre du Moyen-Orient qui, selon eux, déclencherait l’Apocalypse, se referme rapidement. Le Pentagone a annoncé que les “grandes opérations de combat” en Irak sont enfin terminées. La Syrie a été presque perdue par les USA, avec ses quelques avant-postes dans le désert ne servant à rien maintenant que ISIS est presque nettoyé. Assad a consolidé son territoire, la Turquie détruit les rêves kurdes d’autonomie, et l’armée russe contrôle une grande partie de l’espace aérien. Israël ne pousse pas non plus de tout son poids au déclenchement de l’Armageddon. Sa dernière expérience avec l’invasion du Liban [2006, NdT ] ne s’est pas bien passée, et ses frappes aériennes sporadiques sur la Syrie vont prendre fin dès que la Russie mettra à jour les systèmes de défense aérienne de la Syrie avec sa dernière technologie [S-300, NdT].

Alors que le désespoir s’installe, tout ce qu’il faudrait, c’est qu’un franc-tireur, que le Ravissement démange, mette en place une séquence d’événements qui pourrait théoriquement dégénérer en guerre totale. En pratique, toutes les grandes puissances, en voyant les États-Unis, comprennent très bien qu’elles regardent un patient mentalement atteint et ne sont pas susceptibles de répondre aux provocations par une escalade ouverte. Et une provocation est tout ce qu’un seul franc-tireur serait capable de produire : un missile perdu ou deux. Le scénario complet du Dr Folamour n’est tout simplement pas possible ; il y a trop de verrouillages et de sauvegardes en place pour qu’un seul opérateur puisse le déclencher. Il faudrait une conspiration plus grande mais plus la conspiration est grande, plus elle devient facile à découvrir. Ajoutez à cela le fait que déclencher toute espèce de confrontation militaire directe entre les grandes puissances est essentiellement un mouvement suicidaire pour toutes les parties impliquées, combiné avec le fait que pour les vrais croyants, le suicide est un interdit, et alors la probabilité de déclencher une guerre totale pour l’accomplissement de la prophétie biblique tombe à peu près à zéro.

Enfin, en faisant un zoom arrière pour regarder la situation avec beaucoup de recul, la vraie religion opérant aux États-Unis n’est pas le christianisme mais le culte de Mammon. Plus précisément, le but de l’armée américaine a été de défendre le pétro-dollar, en frappant de façon vengeresse et dans une rage furieuse, tous ceux qui tentaient d’échapper à ce système. C’est lui qui permet aux États-Unis d’imposer continuellement une dette ridiculement énorme au reste du monde à des taux d’intérêt artificiellement bas. En l’absence de ce système, les États-Unis se révéleraient rapidement en faillite. Saddam Hussein a essayé de s’en échapper mais il a été pendu ; Mouammar Kadhafi est aussi mort d’une manière horrible. Mais maintenant, la Chine a lancé avec succès son pétro-yuan soutenu par l’or, et l’armée américaine ne sera pas en mesure de faire quoi que ce soit à ce sujet. L’époque où les États-Unis pouvaient régler leurs problèmes financiers par des moyens militaires a pris fin.

Le culte américain de Mammon n’est pas considéré comme une religion, parce que le créneau est déjà pris par diverses autres croyances, alors que “Personne ne peut servir deux maîtres : car ou il haïra l’un, et aimera l’autre ; ou bien il tiendra à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir Dieu et Mammon. “ [Matthieu 6:24] Mais les Américains évaluent à peu près tout en termes d’argent et en pratique, ils adorent les riches et les puissants parce que dans leurs esprits l’argent est la bonté, et malgré toute cette bonté, et sans vouloir trop insister là-dessus, ce sont assez largement des trous-du-cul. Le dollar tout-puissant est un élément clé du rituel et de la foi et constitue le ciment qui unit l’Amérique. Quand ce système fera enfin faillite, il suffira d’un crépuscule des dieux pour satisfaire même les plus apocalyptiques.

Les cinq stades de l'effondrementDmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Traduit par Hervé, relu par jj pour le Saker Francophone