C’est ce qui s’appelle faire les choses en douce. On pensait que toutes les mesures explosives de la réforme du Code du travail avaient déjà été abordées. Mais c’était sans compter sur les ajustements décidés par des sénateurs et des députés réunis en commission mixte paritaire. Ils ont adopté un amendement de dernière minute, ajouté à la sixième ordonnance de la réforme du travail, qui ne devait normalement servir qu’à rectifier des coquilles. Mais, comme le révèle Mediapart, les parlementaires ont décidé d’y ajouter la possibilité pour l’employeur d’imposer le forfait jour à ses salarié, à la condition d’un accord préalable avec les syndicats.

Surtout, le salarié n’aura plus la possibilité de s’y opposer : refuser le passage au forfait jour pourrait lui valoir un licenciement. Pour rappel, le forfait jour est régime dérogatoire du temps de travail qui permet de travailler jusqu’à 11 heures par jours, donc de dépasser les 35, 37 ou 39 heures hebdomadaires. Pour l’employeur, ce système a pour avantage de lui éviter le paiement d’heures supplémentaires, en échange toutefois de contreparties négociées dans un accord collectif. Jusqu’à présent, le forfait jour était basé sur le volontariat, ce qui permettait à chaque salarié de pouvoir s’y opposer individuellement.