Les professions libérales, nouvelles victimes des politiques d’austérité : L’exemple des avocats. Pour ceux qui les considèrent comme des nantis, je recommande particulièrement cet article! Et toutes les professions libérales étant touchées, les conséquences pour nous tous seront terribles! GOPE OBLIGE! 1984 est bien là !

Les gouvernements successifs s’attachent à démanteler un par un les avantages acquis depuis des décennies par toutes les catégories socioprofessionnelles et dans tous les domaines, sur instruction de la Commission européenne dans le cadre de sa politique d’austérité budgétaire.

C’est maintenant au tour des professions libérales, et notamment des avocats, de passer sous les fourches caudines bruxelloises, via la réforme des retraites, ce qui suscite d’ores et déjà une levée de boucliers.

Et elles vont faire savoir leur mécontentement lors d’une journée de mobilisation nationale et de grève générale prévue le 16 septembre prochain.

Macron et son gouvernement auront ainsi réussi l’exploit de mobiliser, et pour la deuxième fois déjà sous le quinquennat, les avocats, une profession pourtant peu habituée à descendre dans la rue.

Ceux-ci avaient déjà vivement protesté contre le projet de loi de programmation pour la Justice présentée fin 2018.

S’ils avaient partiellement eu gain de cause à la suite de la censure de plusieurs dispositions de ladite loi par le Conseil constitutionnel, il n’en demeure pas moins que certaines mesures controversées ont été entérinées, et notamment la fusion des tribunaux qui va mener à la disparition des tribunaux d’instance, et qui vont avoir pour conséquence d’éloigner encore davantage nos concitoyens des juges.

Cette fois, ce sont les préconisations en vue d’instaurer un système universel de retraite, présentées le 18 juillet 2019 par Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites, qui provoquent la fureur de la profession, et plus généralement celles des professions bénéficiant d’un régime propre.

Et il est vrai qu’il y a de quoi.

En dépit des protestations des représentants des barreaux dans le cadre des discussions engagées depuis plusieurs mois, le gouvernement prévoit purement et simplement de fusionner les 42 régimes de retraites existants, comprenant les régimes des fonctionnaires, les régimes spéciaux et les régimes autonomes des assemblées parlementaires, et ceux des professions libérales, dont celui des avocats, dans un système de solidarité nationale unique par points, commun à tous les actifs.

Or, le régime de retraite des avocats est un des rares systèmes dits « équilibrés », à savoir qu’il permet de garantir une retraite minimale pour tous indépendamment de leurs revenus, et dispose de réserves non négligeables estimées à environ deux milliards d’euros, alors que le système de retraite présente un déficit évalué à 0,1 % du PIB jusqu’en 2030, soit 10 milliards d’euros[1].

Monsieur Delevoye et le Gouvernement imaginent ainsi pouvoir résorber le déficit en absorbant les réserves des régimes de retraite bénéficiaires, et notamment de celui des avocats, qui est le fruit d’années de gestion efficace et au prix d’efforts financiers souvent méconnus du grand public.

En conséquence, si cette réforme était adoptée, elle entraînerait une hausse vertigineuse du niveau des cotisations sociales des avocats par le doublement des cotisations retraite, et une diminution de leurs pensions de retraite.

Les avocats qui le peuvent, et notamment ceux dont la clientèle est composée de grandes entreprises et de personnes aisées, n’auront d’autre choix que d’augmenter leurs honoraires. Quant aux autres, dans un contexte d’appauvrissement généralisé, ils devront probablement se résoudre à raccrocher la robe.

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