Une coalition ou un cataclysme : les militants du SPD votent, l’Allemagne retient son souffle! Pour ou contre Merkel ? Elle a l’air si sympathique đŸ˜„!

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Une coalition ou un cataclysme : les militants du SPD votent, l’Allemagne retient son souffle

Publié le 3 Mars 2018 par France Révolution

Les mains d'Angela Merkel

Les mains d’Angela Merkel

AppelĂ©s Ă  voter pour ou contre une alliance de leur parti avec celui d’Angela Merkel, afin de former un gouvernement de coalition et de sortir l’Allemagne de l’impasse, les militants du SPD ont le sort de la chanceliĂšre entre leurs mains.

VoilĂ  une situation aussi inĂ©dite qu’improbable : le destin politique d’Angela Merkel est dĂ©sormais entre les mains de ses adversaires. L’avenir de la chanceliĂšre, de l’Allemagne et donc dans une large mesure de l’Europe, dĂ©pend en effet du rĂ©sultat de la consultation des militants du Parti social-dĂ©mocrate (SPD) allemand.

Ses quelque 463 723 membres avaient jusqu’Ă  minuit, le 2 mars, pour exprimer leur soutien ou leur opposition Ă  une participation de leur formation politique Ă  une coalition avec l’Union chrĂ©tienne-dĂ©mocrate (CDU) d’Angela Merkel. Ce 3 mars, le dĂ©pouillement devrait se poursuivre jusque dans la soirĂ©e, avant la proclamation des rĂ©sultats le 4 mars au matin.

Pour mettre toutes les chances de son cĂŽtĂ©, la CDU et le SPD n’ont pas lĂ©sinĂ© sur les moyens pour convaincre les militants socio-dĂ©mocrates de voter «Ja». Ainsi, la chanceliĂšre a offert de trĂšs nombreux ministĂšres d’importance au SPD ; quant à ce dernier, il a finalement dĂ©cider de se dĂ©barrasser de Martin Schulz, candidat malheureux aux lĂ©gislatives de l’automne dernier, qui cristallisait la plupart des critiques des militants. Selon l’institut de sondage YouGov, 56% des militants socio-dĂ©mocrates se dĂ©claraient favorables Ă  une grande coalition avec Angela Merkel il y a encore quelques jours. Une majoritĂ©, certes, mais trĂšs faible et donc incertaine, surtout au vu des enjeux…

Le dilemme cornélien des militants du SPD

En effet, au sein du SPD, nombreux sont ceux qui, comme Kevin KĂŒhnert, chef de file des jeunes socialistes, estiment que leur parti a besoin de s’Ă©loigner du pouvoir… et d’Angela Merkel. AprĂšs quatre annĂ©es de compromis Ă  rĂ©pĂ©tition dans une premiĂšre alliance, le parti avait obtenu son plus mauvais score d’aprĂšs-guerre aux derniĂšres Ă©lections lĂ©gislatives.

Devant cette trĂšs sĂ©vĂšre sanction infligĂ©e par les Ă©lecteurs, Martin Schulz avait alors assurĂ© que le SPD siĂ©gerait dans l’opposition… avant de se raviser en raison de l’impossibilitĂ© de former un gouvernement de coalition et Ă  la perspective risquĂ©e de procĂ©der Ă  de nouvelles Ă©lections. La chanceliĂšre n’Ă©tait en effet pas parvenue Ă  s’allier avec les centristes du Parti libĂ©ral-dĂ©mocrate (FDP). Pour la frange la plus Ă  gauche du SPD, l’idĂ©e de devoir servir de roue de secours Ă  Angela Merkel, au risque de sortir encore plus affaiblis de cette nouvelle lĂ©gislature dans quatre ans, ne sĂ©duit pas vraiment.

Seul problĂšme : le SPD fait dĂ©sormais jeu Ă©gal avec le Parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), eurosceptique et opposĂ© Ă  l’immigration. Refuser de servir de faire-valoir Ă  Angela Merkel et l’organisation de nouvelles Ă©lections exposerait le parti Ă  une dĂ©bĂącle Ă©lectorale sans prĂ©cĂ©dent. Une telle dĂ©cision marquerait en outre une crise politique d’une ampleur inĂ©galĂ©e au cƓur de l’Europe. De quoi faire hĂ©siter les militants du SPD et donner des sueurs froides aux autres pays europĂ©ens.

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